Robert Lalonde
ENTREVUE :
Robert Lalonde : Le frémissement
des présences inquiètes
par Stéphane Lépine
« Quand on écrit, nous dit Robert Lalonde, et si on écrit vraiment, avec tout son corps, comme un peintre-danseur, si on lutte amoureusement avec les phrases, on trouve. » Qu’il trouve ou cherche plutôt les chemins pour se perdre, Robert Lalonde est le chasseur et l’arme même dont il se sert pour chasser. Il est un « irréel rêveur qui court ». Toujours, dans ses romans, nouvelles, essais et journaux météorologiques de l’esprit, cet homme avec de la terre sous les ongles écrit pour que rien ne se perde de tous les actes d’une journée, importants ou insignifiants : à la fois matières à toucher Dieu ou tentatives d’ouvrir l’œil. Attentif au vivant sous toutes ses formes, à la cohue et au désordre du monde, tremblant de frayeur parfois, toujours frémissant, il explore les recoins obscurs de la nature humaine, non répertoriés sur la carte, avec le respect et l’attention de celui qui sait que le vivant appartient à une région qui n’est pas celle de la lumière.
DOSSIER :
Droit d’auteur : l’interminable chantier
par Jean-François Caron
On a cette impression fugace que quelque chose pourrait être sur le point de se produire. Il faut dire que les changements prévus à la loi canadienne sur le droit d’auteur sont attendus depuis plusieurs années, le Canada subissant des pressions importantes, tant de l’intérieur que de l’extérieur. Les technologies de la communication évoluant à grande vitesse, le système politique canadien, à cause d’une série de gouvernements minoritaires, peine à suivre le rythme… En attendant la fin de ce grand chantier qui n’en finit plus d’être lancé, voyons de quel droit se chauffent nos écrivains.
ROMAN :
Marie-Claire Blais : Naissance de Rebecca à l’ère des tourments
par André Brochu
En 1959 paraissait le premier roman de Marie-Claire Blais à l’Institut littéraire du Québec, La belle bête. Après cinquante ans d’écriture et plus d’une quarantaine de titres — roman, poésie, théâtre, etc. —, son œuvre est traduite en plusieurs langues, jouée au théâtre et adaptée au cinéma (Une saison dans la vie d’Emmanuel, entre autres). André Brochu a lu sa plus récente parution, Naissance de Rebecca à l’ère des tourments, roman qu’il considère comme un « tour de force ».
ESSAI :
Les pluriels du mythe
par Renald Bérubé
À propos de l’essai Mythes et sociétés des Amériques, publié aux Éditions Québec Amérique sous la direction de Gérard Bouchard et Bernard Andrès, notre collaborateur affirme qu’il s’agit d’« [u]n ouvrage de poids (ou de taille), ainsi qu’on dit familièrement ; un ouvrage de grand poids et de forte taille tant sur le plan intellectuel que sur le plan matériel, dirons-nous donc. Un livre dont la lecture est passionnante, de bout en bout. »
À LIRE AUSSI DANS LETTRES QUEBECOISES :
Le numéro 131 de Lettres québécoises contient les critiques de dix-huit romans, de cinq récits, de cinq recueils de nouvelles, de neuf recueils de poésie et de cinq essais. Parmi l’ensemble des livres recensés, dix se sont mérités quatre étoiles ou plus. On y trouvera, par ailleurs, les chroniques « l’achronique », « du côté des revues », « célébration », « événement », « informations express », « livres en format poche », « dits et faits » et « prix et distinctions ».