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Robert Soulières salue Jean-François Somain

Jean-François Somain né Somcynsky et que j’appelais affectueusement : Cher JF, était un écrivain particulier. Il était de la race de ceux qui écrivent ni pour la gloire et encore moins pour l’argent. Il écrivait pour le plaisir. Pour le plaisir uniquement.

Il a publié plus de 150 nouvelles et 60 romans dont une vingtaine d’ouvrages pour la jeunesse. C’était un écrivain très polyvalent : essais, romans, nouvelles, poésie, théâtre pour la radio et pour le petit écran. C’était aussi un écrivain curieux de tout et d’une ouverture d’esprit franchement étonnante.

Grand voyageur, son métier au ministère des Affaires extérieures l’avait amené à voyager dans 70 pays et à séjourner longuement à Dakar, Jakarta, Buenos Aires et Tokyo. Chaque fois, il s’imprégnait avec passion de la culture et de la langue du pays où il vivait.

JF Somain était un écrivain prolifique et infatigable qui ne s’embarrassait pas d’un refus. Il comprenait toujours et c’est ce qu’il a écrit dans son essai sur l’écriture La visite de l’atelier publié aux éditions Trois-Pistoles : « L’éditeur pourra juger que cet ouvrage n’attirera pas beaucoup de lecteurs.  C’est très bien, je le garde en veilleuse, je le remets dans mes tiroirs. Mon plaisir, c’était de l’écrire. » et, plus loin, il ajoute : « L’important, c’est d’écrire et la publication vient en second si elle vient.  Cela ne m’a jamais dérangé qu’un éditeur me refuse un ouvrage. J’aime certains chanteurs et je n’en aime pas d’autres. Ces questions de goûts et de préférences me semblent bien normales et j’y réagis sans émotion. Je ne me sens pas touché dans mon amour-propre. Un refus n’enlève rien à l’idée de ce que je me fais de cet ouvrage. »

C’est vrai qu’il acceptait toujours. Il arrivait aussi que le titre proposé pour le roman me laisse froid ou que je trouvais qu’il ne convenait pas. Je le lui disais. Qu’importe, le lendemain ou le surlendemain, il m’en proposait une vingtaine et, en discutant, on se mettait d’accord sur un nouveau titre.

Par ailleurs, j’ai plaisir à penser que Jean-François était le petit Didier du Béret vert. Un enfant stoïque devant les quolibets et moqueries, imperturbable devant l’adversité et qui suscite, au bout du compte, l’admiration de tous avant de disparaître comme il était venu en laissant pour message à ceux qui restent que l’amitié est précieuse et qu’elle se mérite.

Jean-François, c’est peut être aussi le Boris de Retrouver Jade, un homme fort physiquement et moralement. Rien dans la vie ne l’ébranle et s’il se présente un problème, il y a toujours une ou plusieurs solutions.

Jean-François Somain n’avait pas un large lectorat, mais  pour ceux qui l’appréciaient, il laisse un vide littéraire important.

Robert Soulières, éditeur et ami

le 30 mai 2011

 

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