Lire mieux, lire différemment : 40 livres écrits par des écrivaines québécoises et canadiennes autochtones ou racisées

Liste de lectures compilée par Nicholas Dawson (doctorant à l’UQAM, directeur littéraire aux éditions Triptyque et auteur), Zishad Lak (doctorante à l’Université d’Ottawa) et Pierre-Luc Landry (professeur à l’Université de Victoria, directeur littéraire aux éditions Triptyque et auteur).

Depuis quelques décennies, les perspectives sur le monde se multiplient, particulièrement depuis que les lieux de production ont compris l’importance de pluraliser les points de vue et de ne plus donner la parole exclusivement aux membres du groupe dominant, surreprésenté dans les médias. Pourtant, nous remarquons toujours une insistance à ne pas nommer ces œuvres dans les palmarès et dans les listes d’ouvrages à surveiller. Alors que le monde est à feu et à sang et que nous entrons dans une nouvelle décennie qui sera sans aucun doute marquée par la crise climatique et la violence étatique, nous avons besoin, maintenant plus que jamais, de nous ouvrir à de nouveaux mondes et à de nouvelles histoires pour envisager un futur d’où l’humanité ne serait pas exclue. Nous croyons que la littérature n’est pas qu’une échappatoire, mais qu’elle est bel et bien une arme de combat, un outil de découverte, une manière de devenir de meilleures personnes chaque jour après chaque page que nous tournons, après chaque livre que nous refermons.

Dans cette perspective, nous nous souhaitons pour 2020 de lire mieux, de lire différemment. Les excuses qui nous sont servies lorsque nous dénonçons les listes de lectures composées uniquement d’écrivain·e·s blanc·he·s sont qu’au Québec et dans les communautés francophones du Canada, il ne se publie principalement que des œuvres écrites par des personnes issues du groupe majoritaire ; que les ouvrages écrits par des personnes racisées ou autochtones sont inaccessibles, introuvables, inexistants ; que personne ne les a lus ou que personne n’en parle dans les médias ; que des efforts ont été fournis pour rendre ces listes plus « colorées », plus « diversifiées », moins blanches, mais que cela n’a pas été possible pour telle raison ou pour telle autre…

Ce ne sont là en effet que des excuses. Nous avons donc choisi de créer ce défi de lecture afin de montrer qu’il existe un vaste corpus d’œuvres à découvrir, commentées dans les journaux, accessibles à toustes. Notre défi est ouvert et non restrictif, n’engage à rien, et à son terme, aucune récompense ne sera offerte ; toutefois, il nous permettra de constater la richesse et l’abondance de textes issus des marges et des communautés sous-représentées, ainsi que leur existence, leur actualité et leur disponibilité pour tous les publics. Pour 2020, nous proposons à qui le souhaite de découvrir l’entièreté ou quelques-uns de ces 40 ouvrages d’écrivaines québécoises et canadiennes, racisées ou autochtones, que nous considérons comme révolutionnaires tant dans leur forme que dans leurs contenus, ou encore en raison de leur importance dans l’histoire récente des idées.

1. Virginia Pésémapéo Bordeleau, Ourse bleue, Pleine lune, 2007
«Une plongée vertigineuse au cœur de la déchirure. C’est ce que nous propose ce roman des origines, du sang mêlé. Pas d’apitoiement larmoyant dans Ourse bleue. Pas de hargne haineuse non plus. Mais une vraie inquiétude, qu’on ne peut s’empêcher de partager. Et des images fortes, qui continuent à nous hanter une fois le livre refermé.»
– Danielle Laurin, Le Devoir
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2. Tanya Tagaq, Croc fendu (traduction de Sophie Voillot), Alto, 2019
«Empreint d’une prose sauvage et enracinée, le premier roman de […] Tanya Tagaq est une véritable plongée en apnée dans le quotidien d’une enfant, puis ado, puis mère, au Nunavut. Dans un univers où l’alcool, la drogue et les agressions sexuelles sont banalisés, l’enfance se conjugue avec survie et résilience, acceptation et rébellion. […] L’auteure offre un récit farouche et authentique qui alterne avec la poésie, nous dévoilant la richesse du monde des esprits autant que la difficile condition féminine.»
– Chantal Fontaine, Les Libraires
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3. Karine Rosso, Mon ennemie Nelly, Hamac, 2019
«[C]ette chronique d’une épiphanie tardive éblouit surtout grâce aux nouvelles pistes de lecture que Karine Rosso défriche dans l’œuvre [de Nelly] Arcan. À l’instar de bien des enfants d’immigrants, en inadéquation avec la culture de leurs parents comme avec celle du pays qui les a vus naître, les alter ego de la défunte écrivaine devaient sans cesse composer avec la honte de ne jamais répondre aux attentes, de toujours en faire trop, ou pas assez. Si bien que l’on émerge de ce premier roman entêtant avec l’impression qu’être femme, c’est habiter un pays hostile et étranger.»
– Dominic Tardif, Le Devoir
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4. Ouanessa Younsi, Soigner, aimer, Mémoire d’encrier, 2012
«La poétesse et psychiatre nous révèle dans ce livre les dessous de sa pratique ; la fragilité du rapport malade-aidant, la compassion nécessaire et la littérature comme soin de l’âme. Ces carnets regorgent d’une force brute […]. De Sept-Îles à Montréal en passant par Kuujjuaq, c’est sous un regard féministe et intersectionnel qu’elle nous partage ce qui l’habite. Des mots simples, vrais, durs et beaux, remplis d’amour et d’humanité qui nous touchent droit au cœur.»
– Keven Isabel, Les Libraires
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5. Stéphane Martelly, Inventaires, Triptyque, 2016
«Quand tout s’effondre et que tout fait défaut – y compris le temps qui nous est compté – on fait des listes. J’ai commencé ce recueil dans un défaut de parole devant une violence et un sentiment de destruction qui venaient excéder toute possibilité de dire ou de faire. Alors, très simplement, je me suis mise à écrire des listes qui, au fil des années, sont devenues des inventaires. Déjà, il y a une contradiction de faire des inventaires et une période de manque, puisqu’on pourrait associer cette pratique à une certaine opulence. On a beaucoup et on compte… En fait, on compte surtout quand on a peu de choses, quand les choses et les personnes viennent à manquer.»
– Stéphane Martelly, en entrevue avec Le Nouvelliste
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6. Leanne Betasamosake Simpson, Cartographie de l’amour décolonial (traduction de Natasha Kanapé Fontaine et Arianne Des Rochers), Mémoire d’encrier, 2018
«[U]ne littérature qui ouvre les yeux et le cœur plus grand que n’importe quel texte militant. Les espaces de mystère qu’aménage l’écrivaine à l’intérieur de ses fictions, comme autant d’appels au pardon, témoignent d’une foi que ni la colère ni la douleur ne pourraient entamer envers la possible et salvatrice rencontre entre deux âmes. […] Leanne Betasamosake Simpson rappelle donc que l’intime n’est jamais aussi politique que lorsque l’on subit l’oppression. L’amour étouffe sans liberté, ce vaste territoire que doivent reconquérir à la barbe de leurs ennemis tristement nombreux les jeunes Autochtones, à qui ce livre est dédié, mais à qui il ne s’adresse certainement pas exclusivement.»
– Dominic Tardif, Le Devoir
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7. Chloé Savoie-Bernard, Fastes, L’Hexagone, 2018
« Je fais de la littérature et non pas du pamphlet, mais c’est vrai, la littérature peut présenter un angle politique. »
– Chloé Savoie-Bernard, Nuit blanche
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8. Yara El-Ghadban, Je suis Ariel Sharon, Mémoire d’encrier, 2018
«Dans ce livre savamment documenté par une anthropologue, c’est plutôt le talent d’écrivain qui nous fait comprendre que derrière chaque être humain, qu’il soit héros ou bourreau, défilent les voix des autres, avec leurs propres bagages déposés sur l’écran de nos consciences, pour tisser à jamais les fils de notre identité. […] [O]n ne peut que s’incliner devant la sensibilité et le souci d’objectivité de cette plume prometteuse farouchement fluide […].»
– Maya Ombasic, Le Devoir
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9. Marie-Célie Agnant, Femmes au temps des carnassiers, Remue-ménage, 2015
«L’écriture de Marie-Célie Agnant est extrêmement noble : elle nomme et raconte les plus terribles émotions et le chaos, toujours de façon sensible et poétique. Le destin des femmes qu’elle présente ne reste scellé dans les tourments de leur quotidien, mais bien dans l’humanité de chacune d’elle. Agnant nous montre par ces portraits de femmes, des courageuses, des femmes remplies d’espoir, et ce, en ne sous-estimant jamais la lourdeur sur leurs épaules : la douleur qu’elles traînent de génération en génération.»
– Martine Latendresse Charron, Chez le fil rouge
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10. Elkahna Talbi, Moi, figuier sous la neige, Mémoire d’encrier, 2014
«La poésie d’Elkahna Talbi, alias Queen KA, est riche, plurielle, sensorielle. Elle voyage de Bab el Bahr à Côte-des-Neiges, elle s’ancre dans le sable et dans la neige. Elle se nourrit de voyages d’été en Tunisie, de classes d’école montréalaises, de retrouvailles familiales au salon, d’appels à la prière et de clash culturels. Elle est binationale et triculturelle. Tunisienne, Québécoise et Amazigh. Elle est… “figuier, sous la neige”.»
– Mylène de Repentigny-Corbeil, Page par page
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11. Joséphine Bacon, Uiesh – Quelque part, Mémoire d’encrier, 2018
«Si Joséphine Bacon choisit de mettre en lumière le versant positif de son existence, ce n’est sûrement pas étranger au fait qu’elle possède encore sa langue maternelle, puisqu’elle l’écrit et l’enseigne depuis longtemps. Le lecteur a ainsi sous les yeux une écrivaine accomplie, une femme qui, plutôt que de décrire la déperdition, la déculturation et les mauvais traitements, affirme dans un court prologue qu’elle veut “être poète de tradition orale, parler comme les Anciens, les vrais nomades”. Il faut donc lire sa poésie comme une transcription de sa parole.»
– Rachel Leclerc, Lettres québécoises
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12. Marie-Andrée Gill, Chauffer le dehors, La Peuplade, 2019
«Chauffer le dehors, c’est entretenir la nostalgie de l’autre à coups d’images simples et profondes. C’est l’espoir comme une bête qu’on nourrit, mais qu’on désire voir mourir. C’est se redécouvrir sans le prolongement de l’autre. Un trop-plein de manque. À travers la lecture, les poèmes s’éclairent les uns les autres en illustrant les étapes du deuil amoureux. Le déni, la tristesse, la résignation s’entremêlent dans l’ordinaire, pour atteindre l’acceptation dans le calme que procure la nature.»
– Tina Laphengphratheng, Le Mouton noir
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13. Natasha Kanapé Fontaine, Nanimissuat – Île tonnerre, Mémoire d’encrier, 2018
«Enfin, les filles et femmes disparues et assassinées sont retrouvées, elles sont rescapées des flots et migrent vers Nanimissuat. […] [L]a poésie affirme ce qui a été tu trop longtemps. Natasha Kanapé Fontaine, militante autochtone, possède toutes les armes artistiques pour contre-attaquer les oppresseurs et faire valoir son point de vue.»
– Victor Bégin, Les Méconnus
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14. Ying Chen, L’ingratitude, Leméac, 1995
« Ying Chen […] va bien au-delà de la simple dénonciation de la méchanceté d'une mère. C'est toute une société qu'elle rejette. On se souvient du célèbre “Famille, je vous hais” d'André Gide. Revoilà ce cri, englobant le refus de toutes les servitudes […]. Il force le respect. »
– François Wagner, La Tribune (France)
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15. Dionne Brand, L’amour à peu près (traduction de Nicole Côté), Triptyque, 2017
«Dionne Brand possède un style unique avec des élans poétiques et philosophiques. Elle narre ici la vie quotidienne de gens ordinaires issus du multiculturalisme torontois. Des personnages en apparence simples, mais qui portent en eux la complexité du monde moderne. Toutes et tous ont “presque” la capacité d’aimer. Les préjugés, les contextes économiques ou raciaux les en empêchent parfois, mais Dionne Brand possède cette grande qualité de trouver l’humanité là où l’y attend le moins.»
– Mario Cloutier, La Presse
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16. Aki Shimazaki, Tsubaki, Leméac, 1999
«C'est une fascinante histoire d’amour et de trahison, de guerre et de remords, de peine refoulée par le peuple japonais qui est symbolisée dans ce récit de vie. Un petit livre de 121 pages qui porte en lui tout le poids des âmes en état de guerre.»
– Marie-Paule Villeneuve, Le Droit
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17. Flavia Garcia, Partir ou mourir un peu plus loin, Mémoire d’encrier, 2016
« Le thème du voyage ou du déplacement s’impose encore dans notre poésie de façon intrinsèque, comme s’il était lié à un besoin de cerner son territoire, désir jamais assouvi. »
– Hugues Corriveau, Le Devoir
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18. Anne-Marie Alonzo, Écoute, Sultane, Hexagone, 1991
« [Écoute, Sultane] […] détaille l’enfance à Alexandrie, le voyage vers le Québec, la rencontre amoureuse, l’impossibilité de retourner au pays natal, le rôle des femmes dans les pays arabes, etc. […] Ce matériel autobiographique est présenté suivant une ligne sinueuse, une phrase prosaïque “poétisée” par les inversions et les césures constantes […]. À travers ces cadences brisées, le lecteur découvre un autre thème : la relation trouble avec le langage […]. Ce thème se développe […] tandis que le personnage déplie ses souvenirs dans des lettres écrites à son amante, la sultane, faisant écho à Schéhérazade qui raconte pour vivre, qui raconte comme s’il s’agissait de l’expression de son désir. […] Ici, la méditation autoréflexive sur l’écriture et le silence en active plusieurs variétés, passant du silence des nuits enveloppées par la neige à celui causé par l’absence de l’être aimé en raison de la distance, ainsi qu’au désir rassasié lorsque les mots ne sont plus nécessaires, comme on le remarque dans les dernières phrases lorsque le silence de la sultane, qui apparaissait jusqu’alors comme une condamnation à mort, se transforme […]. »
–Barbara Godard, Canadian Literature
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19. Katherena Vermette, Ligne brisée (traduction de Mélissa Verreault), Québec Amérique, 2017
« Alors que les femmes autochtones sont victimes de l’indifférence, voire de l’oubli, de la communauté blanche, Katherena Vermette illustre, sans verser dans l’angélisme, l’amour, le respect et l’entraide qui les soudent ensemble. Un roman “fucking” beau, comme diraient les personnages de Ligne brisée. »
– Manon Dumais, Le Devoir
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 20. Esi Edugyan, 3 minutes 33 secondes (traduction de Michelle Herpe-Voslinsky), Liana Levi, 2013
« La construction du roman est habile puisque l’on navigue entre présent et passé (le début de la Seconde Guerre). D’un côté, on assiste à une Europe en train d’exploser et, de l’autre, un groupe de musiciens qui ne rêvent que d’enregistrer une chanson. L’émotion augmente au fil de la lecture jusqu’à la dernière partie qui procure quelques pages à couper le souffle. La musicalité de l’écriture n’y est pas étrangère. »
– David Norgeot, Unidivers.fr
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21. Catherine Hernandez, Scarborough (traduction de Christophe Bernard), XYZ, 2018
«Si vous ne connaissez pas déjà l’autrice queer torontoise Catherine Hernandez, cette traduction de son premier roman, récompensé par plusieurs prix littéraires importants, vous rendra complètement fan. Cette véritable fresque sociale est campée dans le quartier multiethnique Scarborough Village, qui subit actuellement un processus marqué de gentrification. À travers le point de vue de trois protagonistes enfants, ce récit interroge les possibilités de faire communauté dans un environnement marqué par la pauvreté, le racisme et diverses formes de répression.»
– L’équipe de L’Euguélionne, librairie féministe
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22. Cherie Dimaline, Pilleurs de rêves (traduction de Madeleine Stratford), Boréal, 2013
«Lecture-choc que ce roman à mi-chemin entre le réalisme et la science-fiction apocalyptique, qui nous sensibilise à la réalité des communautés autochtones, à notre histoire collective et aux enjeux climatiques. Dans un monde ravagé et en guerre, des Amérindiens marchent vers le nord, fuyant les Recruteurs, ces Blancs pressés de les enfermer dans des pensionnats dont ils ne sortent plus. C’est dans ces lieux lugubres qu’on soutire de leur moelle une précieuse substance disparue du métabolisme des Blancs, qui donne la faculté de rêver. Sans rêves, les humains sont menacés du pire. French, un adolescent en fuite, se joint au périple d’exilés en quête d’un avenir meilleur aux allures de passé perdu. Récompensé par le Prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie Littérature jeunesse 2017. Fascinant.»
– Sandrine Lazure, Les Libraires
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23. E. Pauline Johnson, Légendes de Vancouver (traduction de Chantal Ringuet), Presses de Bras-d’Apic, 2012
« Malgré sa mort prématurée, le legs et l’impact de E. Pauline Johnson se mesurent par leur longue durée, au Canada et même au-delà. À son époque, célébrée à l’international, E. Pauline Johnson a pavé la voie aux écrivaines et artistes autochtones qui lui ont succédé. […] E. Pauline Johnson a été la première autrice canadienne et la première Autochtone à apparaître sur un timbre-poste canadien. Elle a été reconnue comme personne d’importance historique nationale par le gouvernement canadien en 1983, et la maison de son enfance […] a été désignée lieu historique national du Canada en 1992. »
– Karen Dearlove, The Sachem
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24. Katia Belkhodja, La marchande de sable, XYZ, 2015
« Un récit dense qui bouscule, fascine, hypnotise et enchante. Tout cela grâce à cette écriture qui ne cesse de vous bousculer et de vous surprendre. Katia Belkhodja est une enjôleuse à la manière des conteuses qui vous plongent dans un monde de rêves et de fantasmes tout en s’appuyant sur l’histoire des pays du Maghreb qui ont connu le nomadisme, l’occupation de l’Occident avant de retrouver leurs racines pour le meilleur et le pire. »
– Yvon Paré, Littérature du Québec
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25. Obom, J’aime les filles, L’Oie de Cravan, 2014
«Le dessin naïf et minimaliste, avec ces personnages aux faciès d’animaux, contraste remarquablement avec le récit de ces femmes qui expérimentent leurs premières amours saphiques. Le regard de l’auteure est à la fois doux, touchant, humoristique et cru […]. De l’éveil sexuel à la découverte identitaire qui caractérise les premières expériences amoureuses, Obom y plonge le lecteur, avec humour, intelligence, tendresse, originalité et vécu. Sans conteste, J’aime les filles révèle non seulement le talent de bédéiste et d’illustratrice de Diane Obomsawin, mais aussi son talent de conteuse […].»
– Julie Vaillancourt, Fugues
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26. Kai Cheng Thom, L’enfant de fourrure, de plumes, d’écailles, de feuilles et de paillettes (illustrations de Wai-Yant Li et Kai Yun Ching, traduction de Kama La Mackerel), Dent-de-lion, 2019
« Le livre raconte l’histoire d’un.e enfant nommé.e Mui Lan, qui n’est ni garçon, ni fille. Les autres enfants de sa classe ne veulent pas jouer avec Mui Lan parce qu’iel est différent.e. Mais, au cours de l’histoire, sa mère lui apprend à aimer sa différence en lui chantant une belle chanson. Cette histoire inspirante et riche en couleurs est parfaite pour les enfants de 3 à 8 ans. »
– Kalliopé Anvar McCall, blogue de la librairie Drawn and Quarterly
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27. D. Mathieu Cassendo, La petite suceuse, Berber 13-13, 2016
« Ç’a évolué vers une critique sociale sur l’inclusion, de confier la jeune femme de 25 ans ayant grandi dans Fabreville. Pas moins de 76 % de mes personnages sont issus de minorités visibles ou comme j'aime les rebaptiser avec humour, des minorités nuisibles. Je m’en prends à la xénophobie, l’anglophobie, [l’]islamophobie, au racisme, [au] sexisme, en plus de signer une réappropriation de ma nationalité québécoise. »
– D. Mathieu Cassendo, en entrevue avec Benoît LeBlanc, Le Courrier de Laval
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28. Robyn Maynard, NoirEs sous surveillance. Esclavage, répression et violence d’État au Canada (traduction de Catherine Ego), Mémoire d’encrier, 2018
« L’incursion de Robyn Maynard dans les arcanes du racisme ordinaire lui permet de traquer les inconsistances – elles sont nombreuses – du système à l’endroit des personnes racisées. Le portrait détaillé qu’elle en livre démolit vaillamment le multiculturalisme à la canadienne, ce voile de tolérance dans lequel se drape la violence d’un racisme systémique. Appuyé par une multitude de statistiques et de cas probants ainsi que par une centaine de pages de notes et de références, NoirEs sous surveillance bénéficie d’une infrangible force de persuasion. […] Le résultat est un travail intellectuel de haute volée, une étude débordante d’érudition qui ne cède en rien à la clarté du propos, livré par une auteure que l’on sent pleinement habitée par son sujet. Plus qu’une monographie, aussi dense soit-elle, c’est aussi un cri, poussé pour contrer l’amuïssement forcé des sans-voix ; c’est un regard critique offert aux yeux d’une majorité qui, volontairement ou non, reste aveugle à l’injustice. »
– David Laporte, Spirale
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29. An Antane Kapesh, Eukuan Nin Matshi-Manitu Innushkueu / Je suis une maudite sauvagesse (nouvelle édition et préface de Naomi Fontaine), Mémoire d’encrier, 2019
« Pour moi, choisir de réinscrire la parole d’An Antane Kapesh dans l’histoire littéraire du Québec est un acte décolonial et même révolutionnaire dans la littérature québécoise. La republication donne enfin du pouvoir à cette autrice, qui rapporte les faits conformément à sa culture traditionnelle. Cette voix a assurément sa place dans l’espace historique et essayistique québécois. »
– Marie-Andrée Gill, Nuit blanche
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30. Naomi Fontaine, Kuessipan, Mémoire d’encrier, 2011
« Le style est lumineux. Ce sont, parfois, des mots qui se succèdent simplement, comme autant d’effleurements au pinceau pour mettre en couleurs, dresser le tableau, ce tableau qui dira les peines, les joies, l’amour de la nature et des siens. Un mariage entre un Innu et une femme blanche, une école, une fille enceinte, une cousine, une autre, les chèques de l’aide sociale. Parfois d’amples belles phrases. La langue est riche. Ramassée, concise, elle sait se déployer de l’étriqué d’un présent contraint sur un territoire limité, aride, vers les espaces infinis de l’envol d’une civilisation. Ainsi, petit à petit une communauté prend vie par la grâce de Naomi Fontaine, avec ses grandeurs et ses misères.»
– Véronique Poirson, L’Express
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31. Madeleine Thien, Nous qui n’étions rien (traduction de Catherine Leroux), Alto, 2018
« [U]n livre puissant, complexe et remarquablement sensible. […] Nous qui n’étions rien est un roman ambitieux qui embrasse sept décennies et trois générations, capable de lier entre elles les deux grandes tragédies qui ont marqué la Chine au XXe siècle. Un roman où la musique joue un rôle de premier plan et dans lequel Madeleine Thien mélange avec brio l’intime et les secousses de la grande histoire, plongeant dans les entrailles de la révolution culturelle chinoise. »
– Christian Desmeules, Le Devoir
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32. Eden Robinson, Les Esprits de l’océan (traduction de Nadine Gassie), Albin Michel, 2002
«Les Esprits de l'océan évoquent […] l’affrontement des deux cultures, l’immémoriale tradition du chaman et la modernité occidentale. Dans une réserve d’Indiens du Canada, un jeune homme ne revient pas de la pêche. Sa sœur veut savoir pourquoi. Eden Robinson combine admirablement la magie des éléments et le réalisme de la vie quotidienne, et la rencontre des esprits avec les êtres humains ne va pas sans surprises et une notable touche d’humour. »
– J.-P. H. M., Le Progrès (France)
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33. Abla Farhoud, Le dernier des snoreaux, VLB éditeur, 2019
« De ces pages où le bus de la ligne 80 prend un aspect presque magique […] ressortent la nécessité de ne pas tenir la vie pour acquise, de faire attention aux autres, de les écouter. Une perle d’humanité. »
– Natalia Wysocka, Le Devoir
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34. Mélikah Abdelmoumen, Douze ans en France, VLB éditeur, 2018
« Il se publie au Québec trop peu d’auteurs chez qui l’essai se tresse avec l’autobiographie. Et pour cela, et pour le territoire québécois qui s’ouvre aux Roms et aux bidonvilles de Lyon, le travail de Mélikah Abdelmoumen constitue une avancée. »
– Sophie Létourneau, Lettres québécoises
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35. Mona Latif-Ghattas, Quarante voiles pour un exil, Trois, 1986
« Ce qui est intéressant dans ce texte de Latif-Ghattas, c’est le va-et-vient fort poétique entre le passé lointain inventé, représenté par la Nubie, le passé proche inventé, représenté par les récits d’enfance, et le présent – également inventé – qui nous offre une narratrice éphémère et élusive qui cherche à “vivre en repos de mémoire”. Si I'on compare les objets retrouvés par la narratrice à la célèbre madeleine de Proust, on constate que celui-ci a pu retrouver, dans le présent de sa mémoire, tout un monde complet de son passé. Mais dans Quarante voiles pour un exil, la narratrice reconnaît I’impossibilité de recréer le passé fragmenté dans un présent également déchiré. Loin de pleurer cette stabilité ontologique, le texte finit par fêter les entrecroisements du passé, du présent et de la mémoire instables […].»
– Marie Vautier et Karyn Marczak, LittéRéalité
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36. Eloisa Aquino (dir.), Portraits d’illustres butchs (traduction de Nesrine Bessaïh), Les éditions Sans Fin, 2018
« À la lecture de Portraits d’illustres butchs, nous pouvons en apprendre énormément sur ces femmes au passé anticonformiste ; des portraits fragmentés, non dénudés d’humour, où le format ludique du zine, comme son esthétique, reflète admirablement ces butchs et leurs vies anticonformistes. D’ailleurs, le terme “butch” est ici utilisé par l’auteure, non pas dans une dichotomie butch/ fem, ou en lien avec des concepts binaires rigides de genre, mais plutôt dans une perspective inclusive.»
– Julie Vaillancourt, Fugues
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37. Lula Carballo, Créatures du hasard, Cheval d’août, 2018
« Parce que les personnes autour d’elle prononçaient mal son véritable prénom à son arrivée au Québec, Lula Carballo a décidé de fondre son identité dans le surnom, Lula, que lui donnait sa grand-mère Régina, dans son enfance passée en Uruguay. […] Lula Carballo dit avoir écrit ce livre pour rendre hommage à sa grand-mère. Exercice réussi qui magnifie au passage le charme de l’héritage par tous ces petits riens qui font les êtres et teintent les trajectoires. »
– Fabien Deglise, Le Devoir
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38. Nadine Ltaif, Rien de mon errance, Noroît, 2019
« Les Nadine Ltaif, Stanley Péan, Antonio D’Alfonso et autres, nous ne pouvons pas, nous ne pouvons plus nous passer d’eux. Leurs voix singulières se mêlent harmonieusement, dans une commune fécondation, à toutes les autres voix singulières. »
– Réginald Martel, La Presse
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39. Lee Maracle, Le chant de Corbeau (traduction de Jeanne Demers), Mémoire d’encrier, 2019
« Le chant de Corbeau est une œuvre subtile et saisissante qui nous amène à repenser les disparités culturelles entre sociétés autochtones et allochtones et à imaginer comment elles sont vécues et interprétées lors d’événements critiques tels qu’une épidémie. Le récit est aussi ponctué de nombreuses informations sur l’alimentation, la médecine, les langues et les lois ainsi que de maints débats qui illustrent les conséquences concrètes et quotidiennes des politiques coloniales des années 1950. »
– David Bernard, Liberté
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40. May Telmissany, Ceci n’est pas un paradis (traduction de Mona Latif-Ghattas), Mémoire d’encrier, 2017
« Il y a peut-être là un esprit de contradiction. Face au magma de généralisations qui habitent le débat public, par les temps qui courent, la romancière, activiste, chroniqueuse et universitaire May Telmissany a décidé de prendre le chemin de la résistance, par l’expression de sa différence. Une voix, parfois entendue et convaincante dans d’autres régions du globe, mais qui, en troublant les certitudes ici, finit par convoquer le silence, dit-elle, celui qui permet “de réfléchir à nouveau”. »
Fabien Deglise, Le Devoir
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