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	<title>Lettres québécoises</title>
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		<title>Briser le miroir: une violence honteuse</title>
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		<pubDate>Mon, 07 May 2012 21:18:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alex</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Je suis outré d&#8217;apprendre que le gouvernement canadien a décidé d&#8217;abandonner le programme d&#8217;études canadiennes à l&#8217;étranger. Pendant toutes mes années au service des relations culturelles internationales, il a toujours été convenu par tous les partenaires que le programme de loin, de très loin le plus économique de la panoplie de nos modestes instruments de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis outré d&#8217;apprendre que le gouvernement canadien a décidé d&#8217;abandonner le programme d&#8217;études canadiennes à l&#8217;étranger.<br />
Pendant toutes mes années au service des relations culturelles internationales, il a toujours été convenu par tous les partenaires que le programme de loin, de très loin le plus économique de la panoplie de nos modestes instruments de promotion de notre image à l&#8217;étranger se trouvait le programme d&#8217;appui aux études canadiennes parce qu&#8217;il s&#8217;agit de planter, à un coût minuscule, dans des universités étrangères des chaires d&#8217;études canadiennes ou d&#8217;accompagner des chercheurs et savants, des doctorants et des étudiants ordinaires dans des études sur un aspect ou l&#8217;autre de la réalité canadienne. Ce tremplin de diffusion est très efficace et possède un effet multiplicateur inouï.</p>
<p>Le gouvernement québécois a, en splendide complémentarité, aussi su exploiter cette mine formidable de bonne volonté et de connaissances sur le Québec.</p>
<p>Il faut être nul, oui, nul, au Ministère des Affaires étrangères pour laisser glisser dans la poubelle cette mince enveloppe, cette petite et savante voix qui a tellement, tellement plus d&#8217;écho sur les campus, dans les écoles, dans la bibliothèque et dans le cœur des citoyens du monde que tant d&#8217;autres programmes, tant d&#8217;autres dépenses.</p>
<p>Longtemps, j&#8217;ai eu le privilège de participer au renouvellement d&#8217;une politique de relations culturelles internationales qui répondait à une lecture éclairée de nos intérêts en tant que pays, en tant que culture – j&#8217;allais dire en tant que cultures. Parmi ces efforts parfois malhabiles, souvent sous-financés, mais très, très souvent couronnés de succès, il y avait toujours le programme de relations universitaires, le programme d&#8217;études canadiennes, qui brillait de sa désarmante constance, de son incroyable ancrage dans la vie universitaire et intellectuelle partout à travers le monde.</p>
<p>Ces professeurs d&#8217;université de tous poils, de toutes spécialités, animés de pulsions surprenantes et d&#8217;exotiques curiosités débusquaient et décrivaient chez nous des réalités et des mensonges, des questionnements et des hypothèses qu&#8217;ils passaient gratuitement, généreusement à leurs étudiants.</p>
<p>Et ceux-ci, généreusement encore, portaient le témoin plus loin, trouvaient la réponse ou se trompaient complètement. Tout cela était merveille devant les yeux éblouis de l&#8217;attaché culturel d&#8217;une ambassade qui constatait qu&#8217;on allait bien au-delà des thèmes locomotives de «L&#8217;hiver dans le roman québécois des années trente» ou de «La solitude chez Anne Hébert.»</p>
<p>Je suis bien placé pour dire que le gouvernement canadien a rarement consacré à la projection à l&#8217;étranger de notre pensée et de notre art les ressources nécessaires. Mais en arriver à briser silencieusement ce miroir qui parle de nous, choisir de faire taire ceux qui dorénavant murmureront à voix basse qu&#8217;ils nous connaissent et qu&#8217;ils nous aiment quand même, c&#8217;est d&#8217;une petitesse et d&#8217;une ingratitude qui me blessent, qui nous heurtent tous.</p>
<h4>Émile Martel</h4>
<h6>Ancien ministre (affaires culturelles) à l&#8217;Ambassade du Canada à Paris<br />
Membre de l&#8217;Académie des lettres du Québec</h6>
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		<title>Nouvelle présidente du Salon du livre de Montréal</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Mar 2012 13:29:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alex</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après sept ans à la présidence du Salon du livre de Montréal (SLM), René Bonenfant quitte ce poste. «C&#8217;est important et c&#8217;est toujours bon qu&#8217;il y ait du sang neuf», a-t-il confié au Devoir. Gilda Routy lui succède. Ex-libraire, Mme Routy chapeaute désormais les activités d&#8217;édition et de commercialisation des livres francophones de l&#8217;enseigne BND Distribution. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après sept ans à la présidence du Salon du livre de Montréal (SLM), René Bonenfant quitte ce poste. «C&#8217;est important et c&#8217;est toujours bon qu&#8217;il y ait du sang neuf», a-t-il confié au <em>Devoir</em>. Gilda Routy lui succède. Ex-libraire, Mme Routy chapeaute désormais les activités d&#8217;édition et de commercialisation des livres francophones de l&#8217;enseigne BND Distribution. Ces dernières années, elle a aussi été du comité exécutif de Communications jeunesse, ainsi que présidente de l&#8217;Association de distributeurs exclusifs de livres en langue française. René Bonenfant reste membre du conseil d&#8217;administration du SLM. (<em>Le Devoir</em>, 15 mars 2012)</p>
<p><em>Lettres québécoises</em> remercie grandement M. Bonenfant pour tout le travail ainsi accompli.</p>
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		<title>Décès de Jeanne d&#8217;Arc Lortie</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Mar 2012 17:50:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alex</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Catherine Lalonde, Le Devoir, 13 février 2012 Jeanne d&#8217;Arc Lortie, connue aussi comme sœur Sainte-Berthe chez les Sœurs de la Charité d&#8217;Ottawa, s&#8217;est éteinte le 6 mars dernier, à l&#8217;âge de 97 ans.Douée, sinon surdouée, la jeune Franco-Ontarienne, entrée à l&#8217;âge de 22 ans chez celles qui se nomment alors les Sœurs grises, pousse ses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h5>Catherine Lalonde, <em>Le Devoir</em>, 13 février 2012</h5>
<p>Jeanne d&#8217;Arc Lortie, connue aussi comme sœur Sainte-Berthe chez les Sœurs de la Charité d&#8217;Ottawa, s&#8217;est éteinte le 6 mars dernier, à l&#8217;âge de 97 ans.Douée, sinon surdouée, la jeune Franco-Ontarienne, entrée à l&#8217;âge de 22 ans chez celles qui se nomment alors les Sœurs grises, pousse ses études en lettres et littérature. Parlant le français, l&#8217;anglais et l&#8217;espagnol, Jeanne d&#8217;Arc Lortie sera archiviste, enseignante, chercheuse, auteure et historienne des lettres.</p>
<p>Elle aurait été, selon ses propres dires, première religieuse, en 1965, à enseigner à la Faculté des lettres de l&#8217;Université Laval. Son grand œuvre demeure La poésie nationaliste au Canada français (1606-1867), qui paraît aux Presses de l&#8217;Université Laval juste avant l&#8217;arrivée au pouvoir de René Lévesque et la montée du sentiment nationaliste. Jeanne d&#8217;Arc Lortie aura, pour ce livre, analysé quelque 1700 pièces versifiées dormant dans les archives de différentes bibliothèques, comme le rappelle la professeure et écrivaine Yolande Grisé. «Elle était très engagée dans la défense de la langue française, comme toute sa communauté d&#8217;ailleurs, a précisé Mme Grisé. Toute sa carrière a tourné autour de la langue et de la culture. Les poésies anciennes, très près alors des chansons, étaient une façon pour elle de conserver la langue et de restituer à la population son patrimoine.»</p>
<p>Jeanne d&#8217;Arc Lortie a signé également Les textes poétiques du Canada français (1606-1867), l&#8217;édition critique des œuvres de Joseph Lenoir, ainsi que, à la demande de sa communauté, les Lettres d&#8217;Élisabeth Bruyère, fondatrice à Ottawa des Sœurs grises.</p>
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		<title>Pierre Gagnon à Paris: le succès d&#8217;un romancier québécois inconnu</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Feb 2012 17:03:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alex</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Michel Dolbec, La Presse Canadienne PARIS &#8211; Auteur de quatre livres, Pierre Gagnon est loin d&#8217;être le plus connu des écrivains québécois, mais en France, il obtient un succès qui ferait rougir d&#8217;envie bien des romanciers plus célèbres. Discrètement publié il y a un an et demi chez «Autrement», son roman «Mon vieux et moi» [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h5>Michel Dolbec, <em>La Presse Canadienne</em></h5>
<p>PARIS &#8211; Auteur de quatre livres, Pierre Gagnon est loin d&#8217;être le plus connu des écrivains québécois, mais en France, il obtient un succès qui ferait rougir d&#8217;envie bien des romanciers plus célèbres.</p>
<p>Discrètement publié il y a un an et demi chez «Autrement», son roman «Mon vieux et moi» (intitulé «Mon vieux» dans son édition québécoise, chez Hurtubise) s&#8217;est vendu à 14 000 exemplaires. Sans qu&#8217;on s&#8217;en rende vraiment compte.Fort de ce très joli score, l&#8217;ouvrage sort ces jours-ci en format de poche (chez «J&#8217;ai lu»), au moment où paraît, toujours chez «Autrement», un recueil de nouvelles de Gagnon. Son éditeur parisien lui a trouvé un excellent titre, ce qui est déjà un bon début: «J&#8217;ai vendu ma bagnole à un Polonais» (au lieu de «Je veux cette guitare» chez Hurtubise).</p>
<p>En France, si on met de côté les best-sellers qui s&#8217;écoulent à des centaines de milliers d&#8217;exemplaires, les ventes de romans oscillent entre 500 et 2000 exemplaires. Les livres qui atteignent le seuil des 15 000 exemplaires demeurent donc une denrée plus rare qu&#8217;on ne le croit, résultat d&#8217;une chimie très aléatoire. De bons articles dans la presse voire des critiques enthousiastes ne sont pas la garantie de ventes faramineuses. Par exemple, Catherine Mavrikakis, encensée de toutes parts, notamment par l&#8217;influent magazine Télérama, aurait vendu environ 6000 exemplaires de son excellent roman «Le ciel de Bay City» (chez Sabine Wespieser), ce qui est déjà un succès très honorable.</p>
<p>Pierre Gagnon, lui, n&#8217;a pas eu une ligne dans les journaux, pas une critique, ni bonne ni mauvaise. «On est face à un authentique succès de librairie», explique-t-on chez «Autrement».</p>
<p>Ce sont les libraires, en effet, qui ont soutenu et porté le roman, relayés par leurs collègues qui officient dans les médias. C&#8217;est le cas par exemple de Gérard Collard, le libraire de la réputée «Griffe noire», qu&#8217;on peut voir sur la chaîne d&#8217;information continue LCI et sur France 5. Lors de sa parution, Collard avait déjà vanté «Mon vieux et moi», l&#8217;histoire d&#8217;un homme qui décide d&#8217;adopter un vieil homme prénommé Léo. Il est revenu à la charge pour sa sortie en poche.</p>
<p>«C&#8217;est merveilleux, tendre, bouleversant, drôle. C&#8217;est un beau livre sur la vieillesse. Il n&#8217;y a pas un mot de trop. C&#8217;est un sublime bouquin», a dit le libraire, avant d&#8217;inviter les lecteurs à se «précipiter» sur «J&#8217;ai vendu ma bagnole à un Polonais». «Ces nouvelles sont de petites merveilles», a-t-il ajouté sur le blogue de sa librairie.</p>
<p>Il faut dire aussi que Pierre Gagnon est tombé sur un éditeur dont la réputation n&#8217;est plus à faire. Fondé en 1975, «Autrement» a créé sa collection de littérature il y a moins de 20 ans. C&#8217;est aujourd&#8217;hui une des bonnes «petites maisons» d&#8217;édition de Paris, appréciée et choyée par les libraires.</p>
<p>«Pierre Gagnon possède une écriture fine traversée par une sorte de lumière. Avec lui, nous avons fait un pari qui correspond bien à notre sensibilité», expliquait son éditeur Emmanuel Dazin, lors du lancement du livre, la semaine dernière, à la Librairie du Québec.</p>
<p>Compositeur de musique publicitaire, Pierre Gagnon avait fait ses premiers pas en littérature avec 5-FU, le «journal de bord» qu&#8217;il avait écrit pendant le traitement de son cancer.</p>
<p>«J&#8217;avais tout noté, sans prévoir que ça serait un bouquin. Après, j&#8217;ai continué à écrire parce que j&#8217;ai aimé ça», confie Gagnon, également auteur d&#8217;un roman intitulé «C&#8217;est la faute à Bono».</p>
<p>Le romancier, qui vit à Québec, a aujourd&#8217;hui 54 ans. Il célèbre à Paris ses «dix ans de survie», en savourant son succès: «Je ne cherche pas à plaire, mais si ça plait, tant mieux!».</p>
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		<title>La fin d’une époque</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Jan 2012 15:00:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alex</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[La Presse, 27 janvier 2012 JOSÉE LAPOINTE Depuis 40 ans, André Vanasse est une figure incontournable du milieu littéraire québécois. Professeur, critique, écrivain et surtout redoutable directeur littéraire – dont 20 ans chez XYZ –, il prend, à l’aube de ses 70 ans, une retraite bien méritée.On le connaît beaucoup comme le «découvreur» de Christian [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h6><span style="font-size: 11px;"><em>La Presse</em>, 27 janvier 2012</span></h6>
<h6><span style="font-size: 11px;">JOSÉE LAPOINTE</span></h6>
<p><a href="http://lettresquebecoises.qc.ca/wp-content/uploads/2012/01/Vanasse_André_2012.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-630" title="Vanasse_André_2012" src="http://lettresquebecoises.qc.ca/wp-content/uploads/2012/01/Vanasse_André_2012-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a>Depuis 40 ans, André Vanasse est une figure incontournable du milieu littéraire québécois. Professeur, critique, écrivain et surtout redoutable directeur littéraire – dont 20 ans chez XYZ –, il prend, à l’aube de ses 70 ans, une retraite bien méritée.On le connaît beaucoup comme le «découvreur» de Christian Mistral et de Louis Hamelin, lorsqu’il était directeur littéraire chez Québec Amérique, à la fin des années 1980. Des années fastes qui lui ont donné trois prix du Gouverneur général en trois ans (1988- 1989- 1990), et un quatrième l’année suivante, alors qu’il venait de passer chez XYZ.</p>
<p>Mais celui qui aime le sport et les analogies avec le hockey refuse qu’on s’arrête à cette «vision passe-partout» en nommant tous les auteurs qu’il a lancés, de Sergio Kokis à Jocelyne Saucier, qui ont fait la renommée de son pif et de son talent. «C’est comme un joueur qui marque 51 buts une année dans la LNH. Il a aussi d’autres bonnes années, même si on en parle moins.»</p>
<p>Lorsqu’il s’est joint à XYZ en 1990, la maison fondée par Gaëtan Lévesque et Maurice Soudeyns en 1985 publiait environ cinq titres par année. En 1995, la maison était passée à 35 titres par an, un cap qui a été maintenu depuis. Et André Vanasse se plaît à rappeler QU’XYZ récolte bon an, mal an un grand nombre de prix et de nominations – une moyenne au bâton de 15 sur 35 livres publiés.</p>
<h3>Émotion</h3>
<p>André Vanasse part donc avec le sentiment du devoir accompli, sans regret. «Je ne suis pas tanné du tout, j’ai juste envie d’avoir du temps pour moi», dit-il en parlant du plaisir qu’il ressent encore lorsqu’il tombe sur un manuscrit qui se démarque. «Je ne recherche pas tant la nouveauté que l’émotion. Je suis un émotif, et quand je ressens ce sentiment d’excitation, je me trompe rarement.»</p>
<p>Volubile, serein, André Vanasse raconte entre deux anecdotes comment un directeur littéraire doit savoir «entendre la musique d’un texte» et souligne que son apport consiste à améliorer un manuscrit d’environ «2 ou 3 %». Ce peut être l’ordre des chapitres, le point de vue narratif ou un manque de peaufinage?: André Vanasse a un œil de lynx, le jugement sûr – «Il faut avoir beaucoup lu pour ça. Sinon comment peut-on juger de la pertinence d’un texte?», et retourne systématiquement les auteurs à leurs devoirs. Et ils écoutent? «Oui. Sinon, ils s’en vont. Quand un auteur arrive dans mon bureau, c’est là que le travail commence.»</p>
<p>Il parle d’eux avec attachement, comme un père, et les moments les plus noirs de sa carrière sont ceux où ses poulains, comme Lise Tremblay et Louis Hamelin, l’ont quitté. La fidélité est d’ailleurs une qualité qu’il apprécie: il se rappelle avec une émotion visible la période fabuleuse qui a suivi la publication, en 2003, de la traduction de L’histoire de Pi, de Yann Martel, «la personne la plus gentille, humble et exceptionnelle qui soit». «J’avais publié son premier roman, Self. Mais après le Booker Price, il aurait pu aller n’importe où, surtout que je sortais d’une faillite et que je lui offrais une somme ridicule. Il a signé quand même avec nous.» Le reste appartient à l’histoire, le livre, best-seller mondial, s’est vendu à ce jour au Québec à 150?000 exemplaires. «De quoi payer nos caisses de retraite», dit André Vanasse en souriant.</p>
<h3>Précaire</h3>
<p>L’édition reste un milieu précaire, et la toute petite boîte qu’était XYZ a été achetée par Hurtubise en 2009, une transaction que personne n’avait vue venir et qui a provoqué le départ du fondateur Gaëtan Lévesque. «Pour moi, c’était comme un retour à la maison, dit de son côté André Vanasse, parce que c’est ici que j’ai commencé dans l’édition, il y a 40 ans. Je me voyais vieillir, et quand on sait que les maisons d’édition perdent 2 % de leur valeur chaque année, je ne vois pas comment on aurait pu survivre autrement.» L’avenir serait donc dans les conglomérats, comme on en voit depuis 10 ans? «Il faut de tout. Mais je ne crois pas qu’on puisse absorber encore plus de concentration, c’est une question de diversité. Disons que c’est mieux que les moyens avalent les petits, plutôt que ce soient juste les gros qui mangent tout.»</p>
<p>Les petites maisons ont leur rôle de défricheur et de découvreur à jouer, dit-il en parlant de tous ces jeunes qui poussent, les Quartanier, Alto, Héliotrope, Mémoire d’encrier et autres, capables de prendre des risques&#8230; et de se tromper. «Mais il y a si peu d’argent disponible, presque plus de subventions, alors pour eux, c’est comme du missionnariat!»</p>
<p>Il croit en tout cas QU’XYZ n’a pas perdu son âme et qu’après une année de transition difficile et une adaptation nécessaire à la nouvelle culture d’entreprise – «On était moins de 10 chez XYZ, et on se joint à une boîte d’une centaine d’employés» –, certains avantages sont évidents. «Nous avons accès à un extraordinaire réseau de distribution, ça fait une différence.» La place D’XYZ dans le paysage québécois sera&#8230; de conserver sa place et sa respectabilité. «Hurtubise n’a pas intérêt à changer notre vocation. Des auteurs célébrés, même s’ils vendent peu, ça a une valeur.»</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le diariste Jean-Pierre Guay est décédé</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Jan 2012 12:55:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alex</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Jean-François Nadeau, Le Devoir, 4 janvier Les différents tomes de son journal ont remué et piqué la curiosité du monde littéraire au Québec. Dans des milliers de pages, l&#8217;écrivain s&#8217;était employé, à compter du milieu des années 1970, à démonter la structure d&#8217;un milieu à l&#8217;aide d&#8217;une plume vive et avide de détails, tout en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h6><span style="font-size: 11px;">Jean-François Nadeau, <em>Le Devoir</em>, 4 janvier</span></h6>
<p>Les différents tomes de son journal ont remué et piqué la curiosité du monde littéraire au Québec. Dans des milliers de pages, l&#8217;écrivain s&#8217;était employé, à compter du milieu des années 1970, à démonter la structure d&#8217;un milieu à l&#8217;aide d&#8217;une plume vive et avide de détails, tout en posant sur lui-même une réflexion grave et profonde. «Guay entrait dans son journal comme dans un cloître personnel dont il allait peu à peu définir les règles», a observé un critique du <em>Devoir</em>, Robert Chartrand. Jean-Pierre Guay a été libraire, critique, poète, romancier, libraire, président de l&#8217;Union des écrivains de 1982 à 1984. Il est mort à Québec le jour de Noël.Son éditeur, Les Herbes rouges, n&#8217;a appris la nouvelle de ce décès que près d&#8217;une semaine plus tard. Au fil du temps, explique l&#8217;éditeur François Hébert, Jean-Pierre Guay «s&#8217;était volontairement coupé du monde, il avait fait le vide autour de lui».</p>
<p>Publié en 1974, son premier livre, un roman intitulé Mise en liberté, lui vaut le Prix du Cercle du livre de France. Poète, il est un des membres fondateurs de la revue Estuaire, et on lui doit plusieurs recueils.</p>
<p>L&#8217;éditeur François Hébert dit avoir reçu de lui un recueil de poèmes qui devrait paraître sous peu. Il suppose l&#8217;existence de nombreux inédits. «On va continuer de toute façon à publier son Ïuvre. Est-ce qu&#8217;il avait continué son Journal? J&#8217;ai des doutes. Il arrêtait par moments, pour des périodes de deux ou trois ans. Et comme il était très mal en point ces dernières années&#8230; Enfin, on verra.»</p>
<p>Journaliste, Jean-Pierre Guay travaille d&#8217;abord à <em>L&#8217;Action</em>, puis il devient correspondant de <em>Québec-Presse</em>. En 1971, il est stagiaire au <em>Figaro</em> à Paris. De retour au Québec, il est pigiste pour Radio-Canada et publie des textes dans plusieurs quotidiens, dont <em>Le Soleil</em> et <em>Le Devoir</em>. On le voit s&#8217;activer au sein de plusieurs associations et Ïuvrer à titre contractuel pour différents ministères du gouvernement québécois. Mais c&#8217;est dans son propre journal personnel que son talent se fait le plus valoir. «Dans chacun, expliquait François Tétreau au <em>Devoir</em> en 2004, il traite deux ou trois thèmes dominants et met en scène un certain nombre de personnages-clés», dans un registre tout à fait personnel, avec une écriture parfaitement maîtrisée.</p>
<p>«Que la musique, quand j&#8217;en mettrai, ne fasse plus écran entre la réalité et moi mais pénètre mon âme comme il est permis de supposer que cela soit dans sa nature.» Selon Tétreau, on peut citer bien des pages de cette haute tenue.</p>
<p>Depuis plusieurs années, ses propos décapants à l&#8217;égard du milieu littéraire avaient créé une sorte de vide autour de lui. Les médias s&#8217;occupaient très peu de ses livres, dont la valeur a pourtant été plus d&#8217;une fois soulignée. Jean-Pierre Guay avait depuis longtemps pris le parti d&#8217;habiter une certaine solitude et de la défendre, ne donnant plus guère de nouvelles même à des proches. Son décès a été constaté à l&#8217;hôpital de l&#8217;Enfant-Jésus à Québec le 25 décembre. Il avait 65 ans.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le numéro 144 • hiver 2011 en kiosque dès maintenant !</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Nov 2011 14:47:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alex</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Maintenant imprimé en couleur Nouvelle mise en pages, même contenu 1976-2011 • Les 35 ans de Lettres québécoises Lettres québécoises a failli fermer ses portes faute de soutien financier. Adrien Thério, directeur, fondateur et pourvoyeur, a sauvé la revue par pur entêtement. À lire dans l’historique présenté par André Vanasse. Dossier par Jean-François Caron « Relire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2><a href="http://lettresquebecoises.qc.ca/wp-content/uploads/2011/11/LQ_144_RGB.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-614" title="Automne 2011" src="http://lettresquebecoises.qc.ca/wp-content/uploads/2011/11/LQ_144_RGB.jpg" alt="" width="235" height="304" /></a></h2>
<h2>Maintenant imprimé en couleur</h2>
<h2>Nouvelle mise en pages, même contenu</h2>
<h3>1976-2011 • Les 35 ans de <em>Lettres québécoises</em></h3>
<p><em>Lettres québécoises</em> a failli fermer ses portes faute de soutien financier. Adrien <span style="font-size: 13px; font-weight: normal;">Thério, directeur, fondateur et pourvoyeur, a sauvé la revue par pur entêtement. À </span><span style="font-size: 13px; font-weight: normal;">lire dans l’historique présenté par André Vanasse.</span></p>
<h3>Dossier</h3>
<h6>par Jean-François Caron</h6>
<h4>« Relire les lettres québécoises »</h4>
<p>Revoir l’histoire d’une revue, c’est comme visiter un album de famille. On y découvre mille et une choses : la question du joual ; les prises de position des deux directeurs, Adrien Thério et André Vanasse ; la place accordée aux auteurs québécois œuvrant dans tous les genres littéraires ; l’attention portée aux auteurs et aux éditeurs hors Québec et bien d’autres sujets.</p>
<h3>Premier roman</h3>
<h6><span style="font-size: 13px; font-weight: normal;">par Marie-Michèle Giguère</span></h6>
<h4>Évelyne de la Chenelière, <em>La concordance des temps</em> (Leméac)</h4>
<p>« Le talent de dramaturge d’Évelyne de la Chenelière ne faisait aucun doute. Ce premier roman confirme qu’il y a chez cette femme une véritable voix d’écrivaine. »</p>
<h3>Récit</h3>
<h6>par Yvon Paré</h6>
<h4><strong>Robert Lalonde, <em><span style="font-size: 13px;">Le seul instant </span></em><span style="font-size: 13px;">(Boréal)</span></strong></h4>
<p>« Il faut prendre le risque de suivre Robert Lalonde. Plonger dans l’un de ses carnets, c’est tout délaisser pour trouver un ami qui se confie et se livre sans <span>retenue. Une expérience existentielle chaque fois. »</span></p>
<h3>Poésie</h3>
<h6>par Jacques Paquin</h6>
<h4><strong>Denise Desautels, <span style="font-size: 13px;">L’angle noir de la joie </span><span style="font-size: 13px;">(Arfuyen/Le Noroît)</span></strong></h4>
<p>« Il faut lire cette syntaxe parfois fluide parfois heurtée qui épouse les moindres <span>secousses d’une âme meurtrie. »</span></p>
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		<title>Noir Canada &#8211; Entente entre Barrick Gold et Écosociété</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Oct 2011 16:46:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alex</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Alexandre Shields, Le Devoir 20/10/2011 C&#8217;est la fin, du moins en partie, d&#8217;une pénible saga judiciaire pour Écosociété. La maison d&#8217;édition a en effet signé une entente à l&#8217;amiable avec la plus grosse minière du globe, Barrick Gold. Un accord qui met fin à la poursuite pour diffamation de 6 millions de dollars intentée par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2><span style="font-size: 11px;">Alexandre Shields, Le Devoir 20/10/2011</span></h2>
<p><span style="font-size: 13px; font-weight: normal;">C&#8217;est la fin, du moins en partie, d&#8217;une pénible saga judiciaire pour Écosociété. La maison d&#8217;édition a en effet signé une entente à l&#8217;amiable avec la plus grosse minière du globe, Barrick Gold. Un accord qui met fin à la poursuite pour diffamation de 6 millions de dollars intentée par la multinationale en 2008, à la suite de la publication du livre Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique. Mais Écosociété doit cesser la publication et l&#8217;impression de l&#8217;ouvrage, en plus de verser un montant «significatif» à une entreprise qui a dégagé 1,6 milliard de profits au deuxième trimestre. Et une autre poursuite, intentée par la minière Banro, n&#8217;est toujours pas réglée.«Ce retrait ne saurait en rien constituer un désaveu du travail des auteurs, Delphine Abadie, Alain Deneault et William Sacher, ou de l&#8217;éditeur», s&#8217;est défendue Écosociété par voie de communiqué. Pour la maison d&#8217;édition, l&#8217;«analyse du rôle des sociétés canadiennes en Afrique aura permis d&#8217;ouvrir un débat nécessaire sur le paradis judiciaire qu&#8217;est le Canada pour les entreprises minières mondiales et aura fait réaliser aux Canadiens que leur épargne se trouve investie dans ces activités controversées. Les éditions Écosociété restent convaincues que l&#8217;ouvrage méritait d&#8217;être publié».</span></p>
<p>«Barrick, les auteurs et Écosociété conviennent que l&#8217;action instituée par Barrick et l&#8217;écriture et la publication du livre Noir Canada par les auteurs et Écosociété ont été entreprises de bonne foi et avec la conviction qu&#8217;elles étaient légitimes», ont aussi écrit les deux parties dans une déclaration commune. L&#8217;ouvrage fait état de nombreux abus qu&#8217;auraient commis des sociétés minières canadiennes en Afrique. La maison d&#8217;édition entend d&#8217;ailleurs continuer de publier «des essais d&#8217;intérêt public visant à susciter des débats de société», a indiqué une porte-parole, Anne-Marie Voisard.</p>
<p>Les auteurs ont toutefois dû revenir sur certaines affirmations contenues dans le livre concernant la présence controversée de Barrick Gold au Congo et en Tanzanie. «Les auteurs réitèrent ce qu&#8217;ils ont écrit dans l&#8217;introduction de Noir Canada, à savoir que &laquo;&nbsp;cet ouvrage ne constitue pas une condamnation sommaire de sociétés&nbsp;&raquo; qu&#8217;il cite, et qu&#8217;ils ne s&#8217;étaient pas donnés pour mandat d&#8217;assurer ultimement la véracité des allégations que le livre développe à partir de documents publics», ajoutent-ils dans la déclaration commune.</p>
<p>Ce règlement permet aux éditions Écosociété et aux auteurs de Noir Canada de se dégager d&#8217;un procès de 40 jours, mais aussi «de multiples procédures représentant en soi des coûts financiers, humains et moraux colossaux», a souligné Mme Voisard. Il ne sera toutefois pas possible de voir comment ce cas aurait été accueilli par les tribunaux. Cette poursuite, assimilée par certains à une «poursuite-bâillon» &#8212; SLAPP, en anglais &#8211;, a en effet contribué, au Québec, à l&#8217;adoption de la Loi modifiant le Code de procédure civile pour prévenir l&#8217;utilisation abusive des tribunaux et favoriser le respect de la liberté d&#8217;expression et la participation des citoyens au débat public.</p>
<p>Déjà en août dernier, une juge de la Cour supérieure avait statué que la poursuite intentée par la plus grosse minière de la planète était «en apparence abusive». La juge Guylène Beaugé rappelait ainsi que la minière avait envoyé une mise en demeure à la maison d&#8217;édition avant même la sortie du livre. Elle estimait aussi que les 6 millions de dollars réclamés constituaient «une réclamation exorbitante et disproportionnée». Une telle somme représente 50 fois le chiffre d&#8217;affaires annuel de la maison d&#8217;édition. Elle soulignait enfin que Barrick Gold n&#8217;avait pas démontré qu&#8217;elle a subi un «quelconque préjudice matériel».</p>
<p>La juge Beaugé faisait cependant valoir que la gravité des imputations contenues dans le livre et la défense «peu convaincante» des auteurs faisaient en sorte que Barrick pouvait aller de l&#8217;avant avec le procès prévu initialement cet automne.</p>
<p><strong>Paiement «significatif»</strong></p>
<p>Selon ce qu&#8217;a précisé hier Mme Voisard, Noir Canada se serait écoulé à quelque 5000 exemplaires. Plusieurs bibliothèques en possèdent des exemplaires. La Grande Bibliothèque en a six dans sa collection. Mais il sera rapidement retiré des rayons des librairies. Qui plus est, Écosociété devra verser un montant d&#8217;argent qualifié de «significatif» dans la déclaration commune, mais qui n&#8217;a pas été précisé hier. Mme Voisard n&#8217;a pas indiqué si le versement de ce paiement mettait en péril la survie de la petite maison d&#8217;édition.</p>
<p>Un collectif d&#8217;intellectuels s&#8217;est montré très critique du contenu de l&#8217;entente à l&#8217;amiable. «L&#8217;entente prévoit la cessation de la publication de Noir Canada et l&#8217;interdiction faite aux auteurs de dire ce qu&#8217;ils pensent vraiment de cette entente. Ainsi, ils ne peuvent la décrire comme un cas de censure ou comme une autre étape franchie par Barrick dans la poursuite-bâillon dont ils font l&#8217;objet», soulignent les auteurs, dans un texte publié aujourd&#8217;hui dans notre page Idées.</p>
<p>Par ailleurs, si le dossier est maintenant clos avec Barrick, Écosociété doit toujours faire face à une poursuite de 5 millions de dollars de la part de la minière aurifère Banro. Dans ce cas, la poursuite a été intentée devant les tribunaux ontariens, mais la maison d&#8217;édition espère faire rapatrier les procédures judiciaires au Québec. La cause est actuellement en Cour suprême.</p>
<p>Banro a déjà été montrée du doigt pour ses activités en République démocratique du Congo. Dans un rapport produit par les Nations unies en 2002 et transmis au Conseil de sécurité &#8212; rapport signé de la main de l&#8217;ancien secrétaire général Kofi Annan &#8211;, un groupe d&#8217;experts spécialistes de l&#8217;exploitation illégale des ressources naturelles soutient que la minière Banro fait partie des entreprises qui violent les règles de l&#8217;OCDE au sujet des multinationales.</p>
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		<title>Poursuite-bâillon &#8211; Encore une fois le bâillon contre Noir Canada!</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Oct 2011 16:44:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alex</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Collectif d&#8217;auteurs Après trois ans de pressions exercées par la compagnie minière Barrick Gold sur les auteurs de Noir Canada et la maison d&#8217;édition Écosociété, et dans l&#8217;attente d&#8217;un procès qui se présentait comme le point culminant d&#8217;une poursuite-bâillon, Barrick Gold vient de conclure une entente à l&#8217;amiable avec les auteurs et la maison d&#8217;édition.On [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2><span style="font-size: 13px; font-style: italic; font-weight: normal;">Collectif d&#8217;auteurs</span></h2>
<p><span style="font-size: 13px; font-style: italic; font-weight: normal;"> </span>Après trois ans de pressions exercées par la compagnie minière Barrick Gold sur les auteurs de Noir Canada et la maison d&#8217;édition Écosociété, et dans l&#8217;attente d&#8217;un procès qui se présentait comme le point culminant d&#8217;une poursuite-bâillon, Barrick Gold vient de conclure une entente à l&#8217;amiable avec les auteurs et la maison d&#8217;édition.On comprend que la multinationale a choisi de reculer devant ce qui se présentait comme une autre occasion (en or?) de répondre des allégations qui circulent contre elle partout à travers le monde, allégations qui auraient alors été rapportées dans les médias lors du procès. C&#8217;est d&#8217;ailleurs ce que donne justement à voir le livre Noir Canada. Dans cet ouvrage appuyé par un imposant appareil de notes, les auteurs documentent à partir de plusieurs sources d&#8217;informations crédibles (dont des reportages de journalistes, des rapports d&#8217;Amnistie internationale et de Human Rights Watch) des allégations indiquant que plusieurs entreprises minières canadiennes ont été compromises dans des activités pour le moins controversées en Afrique.</p>
<p>C&#8217;est pour faire taire ces interrogations que Barrick Gold a intenté sa poursuite. Pendant trois années de leur vie, les auteurs et la maison d&#8217;édition ont eu à subir des interrogatoires répétés, à monter une documentation colossale et à vivre le cauchemar d&#8217;une faillite possible. Plus de 12 000 citoyens, une soixantaine de maisons d&#8217;édition, des journaux de réputation internationale et 500 professeurs québécois et canadiens ont appuyé la publication de Noir Canada et ont fait valoir que la poursuite de 6 millions de dollars intentée par Barrick Gold était en fait un SLAPP (Strategic Lawsuit Against Public Participation).</p>
<p><strong>Une poursuite abusive</strong></p>
<p>La Cour supérieure du Québec a elle-même statué que la poursuite était «abusive notamment par son caractère disproportionné», et elle exigeait aussi que Barrick couvre les frais juridiques des auteurs, sans toutefois consentir à rejeter l&#8217;action. Il faut donc tout d&#8217;abord regretter la «prudence» du tribunal qui n&#8217;est pas allé au bout de ses conclusions après s&#8217;être interrogé ouvertement sur le caractère abusif de l&#8217;action judiciaire entreprise par Barrick: «Pourquoi un comportement procédural en apparence si immodéré? Le Tribunal y voit matière à inférer qu&#8217;au-delà du rétablissement de sa réputation, Barrick semble chercher à intimider les auteurs.»</p>
<p>Les avocats de Barrick se disaient prêts à contester la décision de la Cour supérieure. Ils voulaient même contester l&#8217;obligation de défrayer l&#8217;autre partie de ses frais juridiques. Ils laissaient de cette manière entendre qu&#8217;ils seraient disposés à engager tout le monde dans une bataille juridique interminable, à armes inégales, s&#8217;étalant sur de nombreuses années. Tout cela servait à l&#8217;évidence à forcer la conclusion d&#8217;une entente à l&#8217;amiable qui leur permettrait de sauver la face, entente dont la conclusion était encouragée par la Cour supérieure du Québec. Cela risquait d&#8217;être une entente à l&#8217;occasion de laquelle les avocats de Barrick chercheraient à imposer encore une fois leur censure sur l&#8217;ouvrage.</p>
<p>Or, c&#8217;est très exactement ce qui vient de se produire. L&#8217;entente prévoit la cessation de la publication de Noir Canada et, on l&#8217;imagine, l&#8217;interdiction faite aux auteurs et à l&#8217;éditeur de dire ce qu&#8217;ils pensent vraiment de cette entente. Ainsi, pourront-ils la décrire comme un cas de censure ou comme une autre étape franchie par Barrick dans la poursuite-bâillon dont ils font l&#8217;objet?</p>
<p><strong>Une perspective étroitement juridique</strong></p>
<p>Depuis le début de cette affaire, les auteurs ont insisté pour dire que leur objectif était de discuter publiquement de la responsabilité des entreprises canadiennes dans l&#8217;exploitation des ressources minières africaines. Car, se demandèrent-ils, pour quelles raisons faudrait-il éviter à tout prix le débat public sur cette question au Canada? Les auteurs se sont dit qu&#8217;il fallait vaincre l&#8217;omerta qui sévissait chez nous alors que le reste du monde en parlait. Mais Barrick ne l&#8217;entendait pas de cette façon. Au lieu de faire de ces enjeux une matière d&#8217;intérêt public et engager la discussion dans l&#8217;espace politique, l&#8217;entreprise préféra se servir des tribunaux en confinant le débat dans l&#8217;espace juridique.</p>
<p>Le plus grave dans cette affaire, c&#8217;est la menace que cette poursuite et sa conclusion, sous la forme d&#8217;une entente à l&#8217;amiable, font peser sur l&#8217;ensemble de la recherche en sciences sociales au Québec et au Canada. Quand certaines organisations, publiques ou privées, font tout pour ne pas être un objet de recherche en raison de l&#8217;impact de leurs activités ou politiques, c&#8217;est justement une nécessité, voire une responsabilité scientifique de s&#8217;y intéresser, d&#8217;étudier les ressorts de ces activités, ses interactions avec les ordres juridique, politique et financier. Or, un ouvrage en sciences sociales n&#8217;est pas une plaidoirie juridique. Les arguments et thèses avancés peuvent s&#8217;appuyer sur une documentation solide et permettre la formulation d&#8217;interrogations légitimes sans pour autant prendre la forme d&#8217;une preuve juridique.</p>
<p>À ce propos, les «admissions» qui sont faites dans l&#8217;entente concernant l&#8217;absence de preuves pouvant incriminer Barrick ne constituent pas des faits nouveaux troublants. Il s&#8217;agit d&#8217;admissions que l&#8217;on peut déjà lire dans le livre, puisque les auteurs n&#8217;ont jamais prétendu détenir des «preuves» contre Barrick.</p>
<p>Pour certains commentateurs qui examinent cette poursuite et sa conclusion à partir de la seule lorgnette juridique, l&#8217;admission par les auteurs qu&#8217;ils n&#8217;ont pas de preuves à fournir concernant les activités de Barrick en Afrique constitue un aveu de faiblesse. Mais cette interprétation trahit en réalité une incompréhension totale du travail critique réalisé en sciences sociales.</p>
<p><strong>L&#8217;entente à l&#8217;amiable</strong></p>
<p>Le lecteur se demandera quand même pourquoi les auteurs ont «accepté» cet autre bâillon de la part de Barrick Gold. Pourquoi ont-ils «choisi» de se conformer à ces conditions? Ceux qui posent ces questions n&#8217;ont aucune idée du genre de pressions psychologiques exercées sur les auteurs et la maison d&#8217;édition. Les séquelles résultant de cette poursuite sont déjà énormes. Des vies humaines ont été chamboulées à tout jamais.</p>
<p>Il faut aussi savoir que le processus de délibération hors cour ne prend pas en général la forme d&#8217;une conversation autour d&#8217;une tasse de thé. Lorsqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une poursuite-bâillon, un climat délétère règne souvent, même si l&#8217;on est à la recherche d&#8217;une entente. Il s&#8217;agit en l&#8217;occurrence de chercher à briser le moral des opposants. Ainsi, les auteurs et la maison d&#8217;édition ne choisissent rien. Ils subissent et tentent désespérément de s&#8217;extirper d&#8217;un carcan juridique insupportable.</p>
<p>En dépit de la férocité avec laquelle les avocats de Barrick ont pratiqué la censure, il est remarquable de constater au terme de ce processus la force de caractère des auteurs et de la maison d&#8217;édition. Ceux-ci ont réaffirmé avec force la raison d&#8217;être de leur publication.</p>
<p>D&#8217;ailleurs, les admissions exigées par Barrick révèlent en fait un aveu de faiblesse de la part de l&#8217;entreprise elle-même. Elle ne peut vaincre qu&#8217;en exerçant des pressions énormes sur ses opposants. Mais ce faisant, elle démontre qu&#8217;il s&#8217;agissait bel et bien depuis le début d&#8217;une poursuite visant non pas à réfuter mais à bâillonner les auteurs et à faire taire leurs interrogations légitimes.</p>
<p>***</p>
<h6>Collectif d&#8217;auteurs: Dominique Caouette, Catherine Dorion, Louis Dumont, Francis Dupuis-Déri, Jean-Marc Larouche, Lucie Lemonde, Normand Mousseau, Christian Nadeau, Pierre Noreau, Marcelo Otero, Éric Pineault, Michel Seymour, Sid Ahmed Soussi, Pierre Trudel et Daniel Turp</h6>
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		<title>Un autre cas de censure?</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Oct 2011 13:03:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alex</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Frédérique Doyon Le Devoir, 12 octobre 2011 Impression de déjà-vu. L&#8217;opéra de quat&#8217;sous de Bertold Bretch, mis en scène par Brigitte Haentjens, ne sera pas annoncé dans le métro. L&#8217;affiche &#8212; conçue mais non encore imprimée &#8212; a essuyé le refus de Métromédia Plus (MMP), qui gère la publicité pour la Société de transport de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h5><span style="font-size: 13px; font-style: italic; font-weight: normal;">Frédérique Doyon</span></h5>
<address><span style="font-size: 13px; font-style: italic; font-weight: normal;">Le Devoir, 12 octobre 2011</span></address>
<address>
</address>
<p>Impression de déjà-vu. L&#8217;opéra de quat&#8217;sous de Bertold Bretch, mis en scène par Brigitte Haentjens, ne sera pas annoncé dans le métro. L&#8217;affiche &#8212; conçue mais non encore imprimée &#8212; a essuyé le refus de Métromédia Plus (MMP), qui gère la publicité pour la Société de transport de Montréal (STM).L&#8217;affaire survient trois ans après la censure de l&#8217;affiche de la pièce Blasté présentée par la même compagnie, Théâtre Sibyllines.</p>
<p>Motif invoqué: la tenue légère des deux femmes sur la photo qui sert de trame de fond à l&#8217;affiche d&#8217;Angelo Barsetti, remaniée par la graphiste Louise Marois. Trop sexy, les dessous &#8212; au demeurant très habillés &#8212; inspirés des années 1930? Ou est-ce la cigarette que brandit l&#8217;une des protagonistes? Ou le verre d&#8217;alcool que tient l&#8217;autre?</p>
<p>«Le motif principalement invoqué, c&#8217;est le fait qu&#8217;il y avait un sous-vêtement sur l&#8217;affiche, rapporte Jean-Sébastien Rousseau, responsable des communications pour Sibyllines. J&#8217;imagine qu&#8217;avec la cigarette et l&#8217;alcool, ça fait un cocktail&#8230; Molotov. On trouve ça dommage, mais on n&#8217;a pas envie d&#8217;ouvrir le débat, on l&#8217;avait déjà fait avec Blasté. On va aller ailleurs tout simplement.»</p>
<p>En 2008, le couperet de la censure tombait sur la campagne publicitaire de la pièce Blasté, aussi portée par Sibyllines. L&#8217;affiche montrant Roy Dupuis ensanglanté était alors jugée trop violente par la STM. La compagnie théâtrale avait déjà engagé ses frais et fait imprimer ses affiches. Cette fois-ci, la troupe a soumis la maquette de l&#8217;affiche en tout début de processus. Invitée à proposer une autre photo, la troupe a préféré ne pas «multiplier les visuels» pour sa campagne publicitaire.</p>
<p>«Rien d&#8217;offensant, de sexuel ne passe dans le métro», indique une chargée de compte chez Métromédia Plus qui désir conserver l&#8217;anonymat. Elle dit refuser les visuels «aussitôt que c&#8217;est vulgaire ou qu&#8217;on voit de la nudité». «Chaque fois qu&#8217;une grand-mère pourrait être choquée, je sais que ça ne passera pas.» La vice-présidente ventes et marketing chez MMP n&#8217;a pas retourné l&#8217;appel du Devoir.</p>
<p>De l&#8217;art</p>
<p>La photographie d&#8217;Angelo Barsetti retravaillée par la graphiste Louise Marois est plutôt inoffensive. Elle offre des lectures multiples, surtout sociales et historiques. De l&#8217;art, quoi. Rien de très vulgaire là-dedans. À part peut-être une petite perversion latente dans les regards, qui déshabillent surtout l&#8217;observateur.</p>
<p>Robert Gagné, le directeur administratif de</p>
<p>Sibyllines, a accueilli le verdict avec «un mélange d&#8217;incrédulité et de fatalisme». «On trouve ça extrêmement dommage parce que l&#8217;affiche elle-même est une Ïuvre en soi. Et L&#8217;opéra de quat&#8217;sous est un événement important, c&#8217;est une grosse production pour nous. Et il y a des choses, il me semble, affichées dans le métro, qui sont de goût, disons, autrement douteux.»</p>
<p>La légèreté des tenues est bien relative à une époque où les corps s&#8217;exhibent pour vendre du parfum, de la bière ou même des souliers. Mais quand il s&#8217;agit de susciter le débat social comme on peut le faire au théâtre&#8230;</p>
<p>À l&#8217;Usine C en janvier prochain, L&#8217;opéra de quat&#8217;sous de Bretch est une comédie musicale traitant de pouvoir, de mÏurs légères et de corruption. L&#8217;action des bas-fonds londoniens est transposée par Haentjens et l&#8217;auteur Jean-Marc Dalpé dans le Montréal de 1939, et la comédie satirique risque d&#8217;y devenir incisive.</p>
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