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	<title>Lettres québécoises</title>
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		<title>La fin d’une époque</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Jan 2012 15:00:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alex</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La Presse, 27 janvier 2012 JOSÉE LAPOINTE Depuis 40 ans, André Vanasse est une figure incontournable du milieu littéraire québécois. Professeur, critique, écrivain et surtout redoutable directeur littéraire – dont 20 ans chez XYZ –, il prend, à l’aube de ses 70 ans, une retraite bien méritée.On le connaît beaucoup comme le «?découvreur?» de Christian [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h6><span style="font-size: 11px;"><em>La Presse</em>, 27 janvier 2012</span></h6>
<h6><span style="font-size: 11px;">JOSÉE LAPOINTE</span></h6>
<p><a href="http://lettresquebecoises.qc.ca/wp-content/uploads/2012/01/Vanasse_André_2012.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-630" title="Vanasse_André_2012" src="http://lettresquebecoises.qc.ca/wp-content/uploads/2012/01/Vanasse_André_2012-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a>Depuis 40 ans, André Vanasse est une figure incontournable du milieu littéraire québécois. Professeur, critique, écrivain et surtout redoutable directeur littéraire – dont 20 ans chez XYZ –, il prend, à l’aube de ses 70 ans, une retraite bien méritée.On le connaît beaucoup comme le «?découvreur?» de Christian Mistral et de Louis Hamelin, lorsqu’il était directeur littéraire chez Québec Amérique, à la fin des années 1980. Des années fastes qui lui ont donné trois prix du Gouverneur général en trois ans (1988- 1989- 1990), et un quatrième l’année suivante, alors qu’il venait de passer chez XYZ.</p>
<p>Mais celui qui aime le sport et les analogies avec le hockey refuse qu’on s’arrête à cette «?vision passe-partout?» en nommant tous les auteurs qu’il a lancés, de Sergio Kokis à Jocelyne Saucier, qui ont fait la renommée de son pif et de son talent. «?C’est comme un joueur qui marque 51 buts une année dans la LNH. Il a aussi d’autres bonnes années, même si on en parle moins.?»</p>
<p>Lorsqu’il s’est joint à XYZ en 1990, la maison fondée par Gaëtan Lévesque et Maurice Soudeyns en 1985 publiait environ cinq titres par année. En 1995, la maison était passée à 35 titres par an, un cap qui a été maintenu depuis. Et André Vanasse se plaît à rappeler QU’XYZ récolte bon an, mal an un grand nombre de prix et de nominations – une moyenne au bâton de 15 sur 35 livres publiés.</p>
<h3>Émotion</h3>
<p>André Vanasse part donc avec le sentiment du devoir accompli, sans regret. «?Je ne suis pas tanné du tout, j’ai juste envie d’avoir du temps pour moi?», dit-il en parlant du plaisir qu’il ressent encore lorsqu’il tombe sur un manuscrit qui se démarque. «?Je ne recherche pas tant la nouveauté que l’émotion. Je suis un émotif, et quand je ressens ce sentiment d’excitation, je me trompe rarement.?»</p>
<p>Volubile, serein, André Vanasse raconte entre deux anecdotes comment un directeur littéraire doit savoir «?entendre la musique d’un texte?» et souligne que son apport consiste à améliorer un manuscrit d’environ «?2 ou 3 %?». Ce peut être l’ordre des chapitres, le point de vue narratif ou un manque de peaufinage?: André Vanasse a un œil de lynx, le jugement sûr – «?Il faut avoir beaucoup lu pour ça. Sinon comment peut-on juger de la pertinence d’un texte???», et retourne systématiquement les auteurs à leurs devoirs. Et ils écoutent?? «?Oui. Sinon, ils s’en vont. Quand un auteur arrive dans mon bureau, c’est là que le travail commence.?»</p>
<p>Il parle d’eux avec attachement, comme un père, et les moments les plus noirs de sa carrière sont ceux où ses poulains, comme Lise Tremblay et Louis Hamelin, l’ont quitté. La fidélité est d’ailleurs une qualité qu’il apprécie?: il se rappelle avec une émotion visible la période fabuleuse qui a suivi la publication, en 2003, de la traduction de L’histoire de Pi, de Yann Martel, «?la personne la plus gentille, humble et exceptionnelle qui soit?». «?J’avais publié son premier roman, Self. Mais après le Booker Price, il aurait pu aller n’importe où, surtout que je sortais d’une faillite et que je lui offrais une somme ridicule. Il a signé quand même avec nous.?» Le reste appartient à l’histoire, le livre, best-seller mondial, s’est vendu à ce jour au Québec à 150?000 exemplaires. «?De quoi payer nos caisses de retraite?», dit André Vanasse en souriant.</p>
<h3>Précaire</h3>
<p>L’édition reste un milieu précaire, et la toute petite boîte qu’était XYZ a été achetée par Hurtubise en 2009, une transaction que personne n’avait vue venir et qui a provoqué le départ du fondateur Gaëtan Lévesque. «?Pour moi, c’était comme un retour à la maison, dit de son côté André Vanasse, parce que c’est ici que j’ai commencé dans l’édition, il y a 40 ans. Je me voyais vieillir, et quand on sait que les maisons d’édition perdent 2 % de leur valeur chaque année, je ne vois pas comment on aurait pu survivre autrement.?» L’avenir serait donc dans les conglomérats, comme on en voit depuis 10 ans?? «?Il faut de tout. Mais je ne crois pas qu’on puisse absorber encore plus de concentration, c’est une question de diversité. Disons que c’est mieux que les moyens avalent les petits, plutôt que ce soient juste les gros qui mangent tout.?»</p>
<p>Les petites maisons ont leur rôle de défricheur et de découvreur à jouer, dit-il en parlant de tous ces jeunes qui poussent, les Quartanier, Alto, Héliotrope, Mémoire d’encrier et autres, capables de prendre des risques&#8230; et de se tromper. «?Mais il y a si peu d’argent disponible, presque plus de subventions, alors pour eux, c’est comme du missionnariat?!?»</p>
<p>Il croit en tout cas QU’XYZ n’a pas perdu son âme et qu’après une année de transition difficile et une adaptation nécessaire à la nouvelle culture d’entreprise – «?On était moins de 10 chez XYZ, et on se joint à une boîte d’une centaine d’employés?» –, certains avantages sont évidents. «?Nous avons accès à un extraordinaire réseau de distribution, ça fait une différence.?» La place D’XYZ dans le paysage québécois sera&#8230; de conserver sa place et sa respectabilité. «?Hurtubise n’a pas intérêt à changer notre vocation. Des auteurs célébrés, même s’ils vendent peu, ça a une valeur.?»</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le diariste Jean-Pierre Guay est décédé</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Jan 2012 12:55:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alex</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Jean-François Nadeau, Le Devoir, 4 janvier Les différents tomes de son journal ont remué et piqué la curiosité du monde littéraire au Québec. Dans des milliers de pages, l&#8217;écrivain s&#8217;était employé, à compter du milieu des années 1970, à démonter la structure d&#8217;un milieu à l&#8217;aide d&#8217;une plume vive et avide de détails, tout en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h6><span style="font-size: 11px;">Jean-François Nadeau, <em>Le Devoir</em>, 4 janvier</span></h6>
<p>Les différents tomes de son journal ont remué et piqué la curiosité du monde littéraire au Québec. Dans des milliers de pages, l&#8217;écrivain s&#8217;était employé, à compter du milieu des années 1970, à démonter la structure d&#8217;un milieu à l&#8217;aide d&#8217;une plume vive et avide de détails, tout en posant sur lui-même une réflexion grave et profonde. «Guay entrait dans son journal comme dans un cloître personnel dont il allait peu à peu définir les règles», a observé un critique du <em>Devoir</em>, Robert Chartrand. Jean-Pierre Guay a été libraire, critique, poète, romancier, libraire, président de l&#8217;Union des écrivains de 1982 à 1984. Il est mort à Québec le jour de Noël.Son éditeur, Les Herbes rouges, n&#8217;a appris la nouvelle de ce décès que près d&#8217;une semaine plus tard. Au fil du temps, explique l&#8217;éditeur François Hébert, Jean-Pierre Guay «s&#8217;était volontairement coupé du monde, il avait fait le vide autour de lui».</p>
<p>Publié en 1974, son premier livre, un roman intitulé Mise en liberté, lui vaut le Prix du Cercle du livre de France. Poète, il est un des membres fondateurs de la revue Estuaire, et on lui doit plusieurs recueils.</p>
<p>L&#8217;éditeur François Hébert dit avoir reçu de lui un recueil de poèmes qui devrait paraître sous peu. Il suppose l&#8217;existence de nombreux inédits. «On va continuer de toute façon à publier son Ïuvre. Est-ce qu&#8217;il avait continué son Journal? J&#8217;ai des doutes. Il arrêtait par moments, pour des périodes de deux ou trois ans. Et comme il était très mal en point ces dernières années&#8230; Enfin, on verra.»</p>
<p>Journaliste, Jean-Pierre Guay travaille d&#8217;abord à <em>L&#8217;Action</em>, puis il devient correspondant de <em>Québec-Presse</em>. En 1971, il est stagiaire au <em>Figaro</em> à Paris. De retour au Québec, il est pigiste pour Radio-Canada et publie des textes dans plusieurs quotidiens, dont <em>Le Soleil</em> et <em>Le Devoir</em>. On le voit s&#8217;activer au sein de plusieurs associations et Ïuvrer à titre contractuel pour différents ministères du gouvernement québécois. Mais c&#8217;est dans son propre journal personnel que son talent se fait le plus valoir. «Dans chacun, expliquait François Tétreau au <em>Devoir</em> en 2004, il traite deux ou trois thèmes dominants et met en scène un certain nombre de personnages-clés», dans un registre tout à fait personnel, avec une écriture parfaitement maîtrisée.</p>
<p>«Que la musique, quand j&#8217;en mettrai, ne fasse plus écran entre la réalité et moi mais pénètre mon âme comme il est permis de supposer que cela soit dans sa nature.» Selon Tétreau, on peut citer bien des pages de cette haute tenue.</p>
<p>Depuis plusieurs années, ses propos décapants à l&#8217;égard du milieu littéraire avaient créé une sorte de vide autour de lui. Les médias s&#8217;occupaient très peu de ses livres, dont la valeur a pourtant été plus d&#8217;une fois soulignée. Jean-Pierre Guay avait depuis longtemps pris le parti d&#8217;habiter une certaine solitude et de la défendre, ne donnant plus guère de nouvelles même à des proches. Son décès a été constaté à l&#8217;hôpital de l&#8217;Enfant-Jésus à Québec le 25 décembre. Il avait 65 ans.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le numéro 144 • hiver 2011 en kiosque dès maintenant !</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Nov 2011 14:47:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alex</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Maintenant imprimé en couleur Nouvelle mise en pages, même contenu 1976-2011 • Les 35 ans de Lettres québécoises Lettres québécoises a failli fermer ses portes faute de soutien financier. Adrien Thério, directeur, fondateur et pourvoyeur, a sauvé la revue par pur entêtement. À lire dans l’historique présenté par André Vanasse. Dossier par Jean-François Caron « Relire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2><a href="http://lettresquebecoises.qc.ca/wp-content/uploads/2011/11/LQ_144_RGB.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-614" title="Automne 2011" src="http://lettresquebecoises.qc.ca/wp-content/uploads/2011/11/LQ_144_RGB.jpg" alt="" width="235" height="304" /></a></h2>
<h2>Maintenant imprimé en couleur</h2>
<h2>Nouvelle mise en pages, même contenu</h2>
<h3>1976-2011 • Les 35 ans de <em>Lettres québécoises</em></h3>
<p><em>Lettres québécoises</em> a failli fermer ses portes faute de soutien financier. Adrien <span style="font-size: 13px; font-weight: normal;">Thério, directeur, fondateur et pourvoyeur, a sauvé la revue par pur entêtement. À </span><span style="font-size: 13px; font-weight: normal;">lire dans l’historique présenté par André Vanasse.</span></p>
<h3>Dossier</h3>
<h6>par Jean-François Caron</h6>
<h4>« Relire les lettres québécoises »</h4>
<p>Revoir l’histoire d’une revue, c’est comme visiter un album de famille. On y découvre mille et une choses : la question du joual ; les prises de position des deux directeurs, Adrien Thério et André Vanasse ; la place accordée aux auteurs québécois œuvrant dans tous les genres littéraires ; l’attention portée aux auteurs et aux éditeurs hors Québec et bien d’autres sujets.</p>
<h3>Premier roman</h3>
<h6><span style="font-size: 13px; font-weight: normal;">par Marie-Michèle Giguère</span></h6>
<h4>Évelyne de la Chenelière, <em>La concordance des temps</em> (Leméac)</h4>
<p>« Le talent de dramaturge d’Évelyne de la Chenelière ne faisait aucun doute. Ce premier roman confirme qu’il y a chez cette femme une véritable voix d’écrivaine. »</p>
<h3>Récit</h3>
<h6>par Yvon Paré</h6>
<h4><strong>Robert Lalonde, <em><span style="font-size: 13px;">Le seul instant </span></em><span style="font-size: 13px;">(Boréal)</span></strong></h4>
<p>« Il faut prendre le risque de suivre Robert Lalonde. Plonger dans l’un de ses carnets, c’est tout délaisser pour trouver un ami qui se confie et se livre sans <span>retenue. Une expérience existentielle chaque fois. »</span></p>
<h3>Poésie</h3>
<h6>par Jacques Paquin</h6>
<h4><strong>Denise Desautels, <span style="font-size: 13px;">L’angle noir de la joie </span><span style="font-size: 13px;">(Arfuyen/Le Noroît)</span></strong></h4>
<p>« Il faut lire cette syntaxe parfois fluide parfois heurtée qui épouse les moindres <span>secousses d’une âme meurtrie. »</span></p>
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		<title>Noir Canada &#8211; Entente entre Barrick Gold et Écosociété</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Oct 2011 16:46:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alex</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Alexandre Shields, Le Devoir 20/10/2011 C&#8217;est la fin, du moins en partie, d&#8217;une pénible saga judiciaire pour Écosociété. La maison d&#8217;édition a en effet signé une entente à l&#8217;amiable avec la plus grosse minière du globe, Barrick Gold. Un accord qui met fin à la poursuite pour diffamation de 6 millions de dollars intentée par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2><span style="font-size: 11px;">Alexandre Shields, Le Devoir 20/10/2011</span></h2>
<p><span style="font-size: 13px; font-weight: normal;">C&#8217;est la fin, du moins en partie, d&#8217;une pénible saga judiciaire pour Écosociété. La maison d&#8217;édition a en effet signé une entente à l&#8217;amiable avec la plus grosse minière du globe, Barrick Gold. Un accord qui met fin à la poursuite pour diffamation de 6 millions de dollars intentée par la multinationale en 2008, à la suite de la publication du livre Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique. Mais Écosociété doit cesser la publication et l&#8217;impression de l&#8217;ouvrage, en plus de verser un montant «significatif» à une entreprise qui a dégagé 1,6 milliard de profits au deuxième trimestre. Et une autre poursuite, intentée par la minière Banro, n&#8217;est toujours pas réglée.«Ce retrait ne saurait en rien constituer un désaveu du travail des auteurs, Delphine Abadie, Alain Deneault et William Sacher, ou de l&#8217;éditeur», s&#8217;est défendue Écosociété par voie de communiqué. Pour la maison d&#8217;édition, l&#8217;«analyse du rôle des sociétés canadiennes en Afrique aura permis d&#8217;ouvrir un débat nécessaire sur le paradis judiciaire qu&#8217;est le Canada pour les entreprises minières mondiales et aura fait réaliser aux Canadiens que leur épargne se trouve investie dans ces activités controversées. Les éditions Écosociété restent convaincues que l&#8217;ouvrage méritait d&#8217;être publié».</span></p>
<p>«Barrick, les auteurs et Écosociété conviennent que l&#8217;action instituée par Barrick et l&#8217;écriture et la publication du livre Noir Canada par les auteurs et Écosociété ont été entreprises de bonne foi et avec la conviction qu&#8217;elles étaient légitimes», ont aussi écrit les deux parties dans une déclaration commune. L&#8217;ouvrage fait état de nombreux abus qu&#8217;auraient commis des sociétés minières canadiennes en Afrique. La maison d&#8217;édition entend d&#8217;ailleurs continuer de publier «des essais d&#8217;intérêt public visant à susciter des débats de société», a indiqué une porte-parole, Anne-Marie Voisard.</p>
<p>Les auteurs ont toutefois dû revenir sur certaines affirmations contenues dans le livre concernant la présence controversée de Barrick Gold au Congo et en Tanzanie. «Les auteurs réitèrent ce qu&#8217;ils ont écrit dans l&#8217;introduction de Noir Canada, à savoir que &laquo;&nbsp;cet ouvrage ne constitue pas une condamnation sommaire de sociétés&nbsp;&raquo; qu&#8217;il cite, et qu&#8217;ils ne s&#8217;étaient pas donnés pour mandat d&#8217;assurer ultimement la véracité des allégations que le livre développe à partir de documents publics», ajoutent-ils dans la déclaration commune.</p>
<p>Ce règlement permet aux éditions Écosociété et aux auteurs de Noir Canada de se dégager d&#8217;un procès de 40 jours, mais aussi «de multiples procédures représentant en soi des coûts financiers, humains et moraux colossaux», a souligné Mme Voisard. Il ne sera toutefois pas possible de voir comment ce cas aurait été accueilli par les tribunaux. Cette poursuite, assimilée par certains à une «poursuite-bâillon» &#8212; SLAPP, en anglais &#8211;, a en effet contribué, au Québec, à l&#8217;adoption de la Loi modifiant le Code de procédure civile pour prévenir l&#8217;utilisation abusive des tribunaux et favoriser le respect de la liberté d&#8217;expression et la participation des citoyens au débat public.</p>
<p>Déjà en août dernier, une juge de la Cour supérieure avait statué que la poursuite intentée par la plus grosse minière de la planète était «en apparence abusive». La juge Guylène Beaugé rappelait ainsi que la minière avait envoyé une mise en demeure à la maison d&#8217;édition avant même la sortie du livre. Elle estimait aussi que les 6 millions de dollars réclamés constituaient «une réclamation exorbitante et disproportionnée». Une telle somme représente 50 fois le chiffre d&#8217;affaires annuel de la maison d&#8217;édition. Elle soulignait enfin que Barrick Gold n&#8217;avait pas démontré qu&#8217;elle a subi un «quelconque préjudice matériel».</p>
<p>La juge Beaugé faisait cependant valoir que la gravité des imputations contenues dans le livre et la défense «peu convaincante» des auteurs faisaient en sorte que Barrick pouvait aller de l&#8217;avant avec le procès prévu initialement cet automne.</p>
<p><strong>Paiement «significatif»</strong></p>
<p>Selon ce qu&#8217;a précisé hier Mme Voisard, Noir Canada se serait écoulé à quelque 5000 exemplaires. Plusieurs bibliothèques en possèdent des exemplaires. La Grande Bibliothèque en a six dans sa collection. Mais il sera rapidement retiré des rayons des librairies. Qui plus est, Écosociété devra verser un montant d&#8217;argent qualifié de «significatif» dans la déclaration commune, mais qui n&#8217;a pas été précisé hier. Mme Voisard n&#8217;a pas indiqué si le versement de ce paiement mettait en péril la survie de la petite maison d&#8217;édition.</p>
<p>Un collectif d&#8217;intellectuels s&#8217;est montré très critique du contenu de l&#8217;entente à l&#8217;amiable. «L&#8217;entente prévoit la cessation de la publication de Noir Canada et l&#8217;interdiction faite aux auteurs de dire ce qu&#8217;ils pensent vraiment de cette entente. Ainsi, ils ne peuvent la décrire comme un cas de censure ou comme une autre étape franchie par Barrick dans la poursuite-bâillon dont ils font l&#8217;objet», soulignent les auteurs, dans un texte publié aujourd&#8217;hui dans notre page Idées.</p>
<p>Par ailleurs, si le dossier est maintenant clos avec Barrick, Écosociété doit toujours faire face à une poursuite de 5 millions de dollars de la part de la minière aurifère Banro. Dans ce cas, la poursuite a été intentée devant les tribunaux ontariens, mais la maison d&#8217;édition espère faire rapatrier les procédures judiciaires au Québec. La cause est actuellement en Cour suprême.</p>
<p>Banro a déjà été montrée du doigt pour ses activités en République démocratique du Congo. Dans un rapport produit par les Nations unies en 2002 et transmis au Conseil de sécurité &#8212; rapport signé de la main de l&#8217;ancien secrétaire général Kofi Annan &#8211;, un groupe d&#8217;experts spécialistes de l&#8217;exploitation illégale des ressources naturelles soutient que la minière Banro fait partie des entreprises qui violent les règles de l&#8217;OCDE au sujet des multinationales.</p>
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		<title>Poursuite-bâillon &#8211; Encore une fois le bâillon contre Noir Canada!</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Oct 2011 16:44:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alex</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Collectif d&#8217;auteurs Après trois ans de pressions exercées par la compagnie minière Barrick Gold sur les auteurs de Noir Canada et la maison d&#8217;édition Écosociété, et dans l&#8217;attente d&#8217;un procès qui se présentait comme le point culminant d&#8217;une poursuite-bâillon, Barrick Gold vient de conclure une entente à l&#8217;amiable avec les auteurs et la maison d&#8217;édition.On [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2><span style="font-size: 13px; font-style: italic; font-weight: normal;">Collectif d&#8217;auteurs</span></h2>
<p><span style="font-size: 13px; font-style: italic; font-weight: normal;"> </span>Après trois ans de pressions exercées par la compagnie minière Barrick Gold sur les auteurs de Noir Canada et la maison d&#8217;édition Écosociété, et dans l&#8217;attente d&#8217;un procès qui se présentait comme le point culminant d&#8217;une poursuite-bâillon, Barrick Gold vient de conclure une entente à l&#8217;amiable avec les auteurs et la maison d&#8217;édition.On comprend que la multinationale a choisi de reculer devant ce qui se présentait comme une autre occasion (en or?) de répondre des allégations qui circulent contre elle partout à travers le monde, allégations qui auraient alors été rapportées dans les médias lors du procès. C&#8217;est d&#8217;ailleurs ce que donne justement à voir le livre Noir Canada. Dans cet ouvrage appuyé par un imposant appareil de notes, les auteurs documentent à partir de plusieurs sources d&#8217;informations crédibles (dont des reportages de journalistes, des rapports d&#8217;Amnistie internationale et de Human Rights Watch) des allégations indiquant que plusieurs entreprises minières canadiennes ont été compromises dans des activités pour le moins controversées en Afrique.</p>
<p>C&#8217;est pour faire taire ces interrogations que Barrick Gold a intenté sa poursuite. Pendant trois années de leur vie, les auteurs et la maison d&#8217;édition ont eu à subir des interrogatoires répétés, à monter une documentation colossale et à vivre le cauchemar d&#8217;une faillite possible. Plus de 12 000 citoyens, une soixantaine de maisons d&#8217;édition, des journaux de réputation internationale et 500 professeurs québécois et canadiens ont appuyé la publication de Noir Canada et ont fait valoir que la poursuite de 6 millions de dollars intentée par Barrick Gold était en fait un SLAPP (Strategic Lawsuit Against Public Participation).</p>
<p><strong>Une poursuite abusive</strong></p>
<p>La Cour supérieure du Québec a elle-même statué que la poursuite était «abusive notamment par son caractère disproportionné», et elle exigeait aussi que Barrick couvre les frais juridiques des auteurs, sans toutefois consentir à rejeter l&#8217;action. Il faut donc tout d&#8217;abord regretter la «prudence» du tribunal qui n&#8217;est pas allé au bout de ses conclusions après s&#8217;être interrogé ouvertement sur le caractère abusif de l&#8217;action judiciaire entreprise par Barrick: «Pourquoi un comportement procédural en apparence si immodéré? Le Tribunal y voit matière à inférer qu&#8217;au-delà du rétablissement de sa réputation, Barrick semble chercher à intimider les auteurs.»</p>
<p>Les avocats de Barrick se disaient prêts à contester la décision de la Cour supérieure. Ils voulaient même contester l&#8217;obligation de défrayer l&#8217;autre partie de ses frais juridiques. Ils laissaient de cette manière entendre qu&#8217;ils seraient disposés à engager tout le monde dans une bataille juridique interminable, à armes inégales, s&#8217;étalant sur de nombreuses années. Tout cela servait à l&#8217;évidence à forcer la conclusion d&#8217;une entente à l&#8217;amiable qui leur permettrait de sauver la face, entente dont la conclusion était encouragée par la Cour supérieure du Québec. Cela risquait d&#8217;être une entente à l&#8217;occasion de laquelle les avocats de Barrick chercheraient à imposer encore une fois leur censure sur l&#8217;ouvrage.</p>
<p>Or, c&#8217;est très exactement ce qui vient de se produire. L&#8217;entente prévoit la cessation de la publication de Noir Canada et, on l&#8217;imagine, l&#8217;interdiction faite aux auteurs et à l&#8217;éditeur de dire ce qu&#8217;ils pensent vraiment de cette entente. Ainsi, pourront-ils la décrire comme un cas de censure ou comme une autre étape franchie par Barrick dans la poursuite-bâillon dont ils font l&#8217;objet?</p>
<p><strong>Une perspective étroitement juridique</strong></p>
<p>Depuis le début de cette affaire, les auteurs ont insisté pour dire que leur objectif était de discuter publiquement de la responsabilité des entreprises canadiennes dans l&#8217;exploitation des ressources minières africaines. Car, se demandèrent-ils, pour quelles raisons faudrait-il éviter à tout prix le débat public sur cette question au Canada? Les auteurs se sont dit qu&#8217;il fallait vaincre l&#8217;omerta qui sévissait chez nous alors que le reste du monde en parlait. Mais Barrick ne l&#8217;entendait pas de cette façon. Au lieu de faire de ces enjeux une matière d&#8217;intérêt public et engager la discussion dans l&#8217;espace politique, l&#8217;entreprise préféra se servir des tribunaux en confinant le débat dans l&#8217;espace juridique.</p>
<p>Le plus grave dans cette affaire, c&#8217;est la menace que cette poursuite et sa conclusion, sous la forme d&#8217;une entente à l&#8217;amiable, font peser sur l&#8217;ensemble de la recherche en sciences sociales au Québec et au Canada. Quand certaines organisations, publiques ou privées, font tout pour ne pas être un objet de recherche en raison de l&#8217;impact de leurs activités ou politiques, c&#8217;est justement une nécessité, voire une responsabilité scientifique de s&#8217;y intéresser, d&#8217;étudier les ressorts de ces activités, ses interactions avec les ordres juridique, politique et financier. Or, un ouvrage en sciences sociales n&#8217;est pas une plaidoirie juridique. Les arguments et thèses avancés peuvent s&#8217;appuyer sur une documentation solide et permettre la formulation d&#8217;interrogations légitimes sans pour autant prendre la forme d&#8217;une preuve juridique.</p>
<p>À ce propos, les «admissions» qui sont faites dans l&#8217;entente concernant l&#8217;absence de preuves pouvant incriminer Barrick ne constituent pas des faits nouveaux troublants. Il s&#8217;agit d&#8217;admissions que l&#8217;on peut déjà lire dans le livre, puisque les auteurs n&#8217;ont jamais prétendu détenir des «preuves» contre Barrick.</p>
<p>Pour certains commentateurs qui examinent cette poursuite et sa conclusion à partir de la seule lorgnette juridique, l&#8217;admission par les auteurs qu&#8217;ils n&#8217;ont pas de preuves à fournir concernant les activités de Barrick en Afrique constitue un aveu de faiblesse. Mais cette interprétation trahit en réalité une incompréhension totale du travail critique réalisé en sciences sociales.</p>
<p><strong>L&#8217;entente à l&#8217;amiable</strong></p>
<p>Le lecteur se demandera quand même pourquoi les auteurs ont «accepté» cet autre bâillon de la part de Barrick Gold. Pourquoi ont-ils «choisi» de se conformer à ces conditions? Ceux qui posent ces questions n&#8217;ont aucune idée du genre de pressions psychologiques exercées sur les auteurs et la maison d&#8217;édition. Les séquelles résultant de cette poursuite sont déjà énormes. Des vies humaines ont été chamboulées à tout jamais.</p>
<p>Il faut aussi savoir que le processus de délibération hors cour ne prend pas en général la forme d&#8217;une conversation autour d&#8217;une tasse de thé. Lorsqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une poursuite-bâillon, un climat délétère règne souvent, même si l&#8217;on est à la recherche d&#8217;une entente. Il s&#8217;agit en l&#8217;occurrence de chercher à briser le moral des opposants. Ainsi, les auteurs et la maison d&#8217;édition ne choisissent rien. Ils subissent et tentent désespérément de s&#8217;extirper d&#8217;un carcan juridique insupportable.</p>
<p>En dépit de la férocité avec laquelle les avocats de Barrick ont pratiqué la censure, il est remarquable de constater au terme de ce processus la force de caractère des auteurs et de la maison d&#8217;édition. Ceux-ci ont réaffirmé avec force la raison d&#8217;être de leur publication.</p>
<p>D&#8217;ailleurs, les admissions exigées par Barrick révèlent en fait un aveu de faiblesse de la part de l&#8217;entreprise elle-même. Elle ne peut vaincre qu&#8217;en exerçant des pressions énormes sur ses opposants. Mais ce faisant, elle démontre qu&#8217;il s&#8217;agissait bel et bien depuis le début d&#8217;une poursuite visant non pas à réfuter mais à bâillonner les auteurs et à faire taire leurs interrogations légitimes.</p>
<p>***</p>
<h6>Collectif d&#8217;auteurs: Dominique Caouette, Catherine Dorion, Louis Dumont, Francis Dupuis-Déri, Jean-Marc Larouche, Lucie Lemonde, Normand Mousseau, Christian Nadeau, Pierre Noreau, Marcelo Otero, Éric Pineault, Michel Seymour, Sid Ahmed Soussi, Pierre Trudel et Daniel Turp</h6>
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		<title>Un autre cas de censure?</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Oct 2011 13:03:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alex</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Frédérique Doyon Le Devoir, 12 octobre 2011 Impression de déjà-vu. L&#8217;opéra de quat&#8217;sous de Bertold Bretch, mis en scène par Brigitte Haentjens, ne sera pas annoncé dans le métro. L&#8217;affiche &#8212; conçue mais non encore imprimée &#8212; a essuyé le refus de Métromédia Plus (MMP), qui gère la publicité pour la Société de transport de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h5><span style="font-size: 13px; font-style: italic; font-weight: normal;">Frédérique Doyon</span></h5>
<address><span style="font-size: 13px; font-style: italic; font-weight: normal;">Le Devoir, 12 octobre 2011</span></address>
<address>
</address>
<p>Impression de déjà-vu. L&#8217;opéra de quat&#8217;sous de Bertold Bretch, mis en scène par Brigitte Haentjens, ne sera pas annoncé dans le métro. L&#8217;affiche &#8212; conçue mais non encore imprimée &#8212; a essuyé le refus de Métromédia Plus (MMP), qui gère la publicité pour la Société de transport de Montréal (STM).L&#8217;affaire survient trois ans après la censure de l&#8217;affiche de la pièce Blasté présentée par la même compagnie, Théâtre Sibyllines.</p>
<p>Motif invoqué: la tenue légère des deux femmes sur la photo qui sert de trame de fond à l&#8217;affiche d&#8217;Angelo Barsetti, remaniée par la graphiste Louise Marois. Trop sexy, les dessous &#8212; au demeurant très habillés &#8212; inspirés des années 1930? Ou est-ce la cigarette que brandit l&#8217;une des protagonistes? Ou le verre d&#8217;alcool que tient l&#8217;autre?</p>
<p>«Le motif principalement invoqué, c&#8217;est le fait qu&#8217;il y avait un sous-vêtement sur l&#8217;affiche, rapporte Jean-Sébastien Rousseau, responsable des communications pour Sibyllines. J&#8217;imagine qu&#8217;avec la cigarette et l&#8217;alcool, ça fait un cocktail&#8230; Molotov. On trouve ça dommage, mais on n&#8217;a pas envie d&#8217;ouvrir le débat, on l&#8217;avait déjà fait avec Blasté. On va aller ailleurs tout simplement.»</p>
<p>En 2008, le couperet de la censure tombait sur la campagne publicitaire de la pièce Blasté, aussi portée par Sibyllines. L&#8217;affiche montrant Roy Dupuis ensanglanté était alors jugée trop violente par la STM. La compagnie théâtrale avait déjà engagé ses frais et fait imprimer ses affiches. Cette fois-ci, la troupe a soumis la maquette de l&#8217;affiche en tout début de processus. Invitée à proposer une autre photo, la troupe a préféré ne pas «multiplier les visuels» pour sa campagne publicitaire.</p>
<p>«Rien d&#8217;offensant, de sexuel ne passe dans le métro», indique une chargée de compte chez Métromédia Plus qui désir conserver l&#8217;anonymat. Elle dit refuser les visuels «aussitôt que c&#8217;est vulgaire ou qu&#8217;on voit de la nudité». «Chaque fois qu&#8217;une grand-mère pourrait être choquée, je sais que ça ne passera pas.» La vice-présidente ventes et marketing chez MMP n&#8217;a pas retourné l&#8217;appel du Devoir.</p>
<p>De l&#8217;art</p>
<p>La photographie d&#8217;Angelo Barsetti retravaillée par la graphiste Louise Marois est plutôt inoffensive. Elle offre des lectures multiples, surtout sociales et historiques. De l&#8217;art, quoi. Rien de très vulgaire là-dedans. À part peut-être une petite perversion latente dans les regards, qui déshabillent surtout l&#8217;observateur.</p>
<p>Robert Gagné, le directeur administratif de</p>
<p>Sibyllines, a accueilli le verdict avec «un mélange d&#8217;incrédulité et de fatalisme». «On trouve ça extrêmement dommage parce que l&#8217;affiche elle-même est une Ïuvre en soi. Et L&#8217;opéra de quat&#8217;sous est un événement important, c&#8217;est une grosse production pour nous. Et il y a des choses, il me semble, affichées dans le métro, qui sont de goût, disons, autrement douteux.»</p>
<p>La légèreté des tenues est bien relative à une époque où les corps s&#8217;exhibent pour vendre du parfum, de la bière ou même des souliers. Mais quand il s&#8217;agit de susciter le débat social comme on peut le faire au théâtre&#8230;</p>
<p>À l&#8217;Usine C en janvier prochain, L&#8217;opéra de quat&#8217;sous de Bretch est une comédie musicale traitant de pouvoir, de mÏurs légères et de corruption. L&#8217;action des bas-fonds londoniens est transposée par Haentjens et l&#8217;auteur Jean-Marc Dalpé dans le Montréal de 1939, et la comédie satirique risque d&#8217;y devenir incisive.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Conseil canadien sur l&#8217;apprentissage &#8211; Le Canada fait figure de cancre en éducation</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Oct 2011 12:56:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alex</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Lisa-Marie Gervais Le Devoir, 12 octobre 2011 Piètre niveau de littératie, régression des résultats scolaires chez les jeunes, retard dans la recherche de pointe&#8230; En matière d&#8217;éducation, le Canada fait figure de cancre, n&#8217;hésite pas à souligner le Conseil canadien sur l&#8217;apprentissage (CCA) dans son dernier rapport-bilan rendu public aujourd&#8217;hui. Déplorant cette situation «inacceptable et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h5><strong><span style="font-size: 13px;">Lisa-Marie Gervais</span><span style="font-size: 13px;"><br />
</span></strong><span style="font-size: 13px; font-style: italic; font-weight: normal;">Le Devoir</span><span style="font-size: 13px; font-weight: normal;">, 12 octobre 2011</span></h5>
<p><span style="font-size: 13px; font-weight: normal;">Piètre niveau de littératie, régression des résultats scolaires chez les jeunes, retard dans la recherche de pointe&#8230; En matière d&#8217;éducation, le Canada fait figure de cancre, n&#8217;hésite pas à souligner le Conseil canadien sur l&#8217;apprentissage (CCA) dans son dernier rapport-bilan rendu public aujourd&#8217;hui. Déplorant cette situation «inacceptable et profondément troublante», le président-directeur général du CCA, Paul Cappon, s&#8217;inquiète particulièrement du fait que les gouvernements des provinces semblent même ignorer le problème.«Le Canada ne crée pas de conditions de réussite. Il est tenté de regarder le passé et de se dire qu&#8217;il a bien fait, notamment aux tests internationaux comme le PISA. Mais on est très complaisant et on ne se rend pas compte qu&#8217;on se fait dépasser», a souligné Paul Cappon, sur le ton de l&#8217;urgence. L&#8217;organisme qu&#8217;il dirige, dont la mission est de donner le pouls des systèmes d&#8217;éducation des dix provinces canadiennes, fermera ses portes en 2012, faute de financement du gouvernement fédéral. «[Le rendement] du Canada baisse non seulement en termes absolus mais également relativement à celui atteint dans d&#8217;autres économies», révèle le rapport-testament du CCA.</span></p>
<p>Par exemple, bien que les Canadiens reconnaissent l&#8217;importance de l&#8217;apprentissage au cours de la petite enfance, 25 % des enfants entrent à l&#8217;école dépourvus des bases nécessaires pour apprendre à lire, à écrire et à compter. Au primaire et au secondaire, l&#8217;ensemble des taux de décrochage sont à la baisse, mais on dénote un recul dans les résultats aux examens internationaux.</p>
<p>Selon le rapport, plus de la moitié (55 %) des Canadiens de 16 à 65 ans ont un niveau de littératie insuffisant pour comprendre l&#8217;étiquetage nutritionnel des aliments, respecter une posologie et suivre des directives de sécurité. Et les taux de littératie chez les adultes stagneront pour les 20 prochaines années. Montréal est la métropole canadienne qui tire le mieux son épingle du jeu, mais le nombre d&#8217;adultes possédant un faible taux de littératie passera néanmoins de 1,5 million en 2001 à plus de 1,8 million d&#8217;ici 2031.</p>
<p>En outre, le Canada accuse une perte de terrain en innovation et en recherche et développement, notamment parce que les compétences des immigrants ne correspondent pas aux besoins du marché du travail. Toutefois, sur une note plus positive, M. Cappon reconnaît que le pays est exemplaire pour le caractère égalitaire de ses systèmes. «Les immigrants réussissent beaucoup mieux ici et on constate que la classe sociale influe beaucoup moins. Les Européens nous admirent pour ça», a-t-il dit.</p>
<p>Dernières recommandations du CCA</p>
<p>En plus d&#8217;exiger un organisme pour lui succéder, le CCA a livré une série de recommandations, notamment la création d&#8217;un Conseil des ministres responsables de l&#8217;apprentissage, qui serait chargé de coordonner l&#8217;apprentissage tout au long de la vie à l&#8217;échelle du pays. L&#8217;accent a également été mis sur la nécessité d&#8217;avoir des données comparables et mesurables pour toutes les provinces et de doter celles-ci d&#8217;objectifs pancanadiens. Pour</p>
<p>M. Cappon, même le Québec y gagnerait au change. «Il n&#8217;existe pas de cadre pancanadien avec lequel le Québec pourrait vraiment se comparer, ce qui le laisse encore plus isolé. Mais si on trouvait une façon d&#8217;harmoniser les données et de favoriser la mobilité étudiante, ce serait plus facile pour le Québec d&#8217;être novateur et de réussir&#8230;. même si plusieurs Québécois pensent le contraire», a-t-il conclu.</p>
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		<title>Les prix littéraires du gouverneur général 2011</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Oct 2011 12:44:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alex</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Conseil des Arts du Canada a dévoilé aujourd&#8217;hui le nom des 68 finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général 2011. Les GG, les prix littéraires nationaux du Canada, célèbrent l&#8217;excellence des auteurs, des illustrateurs et des traducteurs canadiens. Les prix sont décernés à des ouvrages en langue française et en langue anglaise dans les [...]]]></description>
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<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="650" align="center">
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<tr>
<td colspan="2" bgcolor="#ffffff">
<div><strong><span style="color: #494949;"><img src="http://secure.campaigner.com/accountsmedia/6889/GGLA2011HeaderF.gif" border="0" alt="" width="622" height="85" /><br />
</span></strong>Le Conseil des Arts du Canada a dévoilé aujourd&#8217;hui le nom des 68 finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général 2011. Les GG, les prix littéraires nationaux du Canada, célèbrent l&#8217;excellence des auteurs, des illustrateurs et des traducteurs canadiens. Les prix sont décernés à des ouvrages en langue française et en langue anglaise dans les catégories romans et nouvelles, essais, poésie, théâtre, littérature jeunesse (texte et illustrations) et traduction.&nbsp;</p>
<p>Le territoire, l&#8217;identité et l&#8217;hiver sont des thèmes récurrents dans les livres retenus en sélection finale par les comités d&#8217;évaluation par les pairs du Conseil des Arts du Canada. Ces comités se sont partagé la lecture de 1 684 livres admissibles soumis pour l&#8217;obtention des prix de cette année.</p>
<p>« Les GG engendrent toujours l&#8217;enthousiasme », dit Robert Sirman, directeur et chef de la direction du Conseil des Arts du Canada. «Le Conseil des Arts gère ces prix depuis maintenant plus de cinq décennies et nous sommes heureux de célébrer le talent créateur des Canadiens. Les livres finalistes et gagnants ont eu un impact important non seulement au Canada, mais partout dans le monde. »</p>
<p>Célébrez le 75e anniversaire des Prix littéraires du Gouverneur général en partageant vos ouvrages favoris grâce à la nouvelle application Facebook du Conseil des Arts du Canada, « <a href="http://trk.cp20.com/Tracking/t.c?Nz4e-MPuO-KbP5f1">Mes GG préférés</a> ». Pour savoir comment participer et pour obtenir la liste complète des livres gagnants, consultez notre <a href="http://trk.cp20.com/Tracking/t.c?Nz4e-MPuP-KbP5f2">site web</a>.</p>
<p>À titre de partenaire national du Conseil des Arts du Canada, les librairies Indigo offrent au public la chance de gagner un voyage à Ottawa afin d&#8217;assister à la cérémonie de remise des Prix littéraires du Gouverneur général, à Rideau Hall. Les détails du concours se trouvent sur le site web d&#8217;<a href="http://trk.cp20.com/Tracking/t.c?Nz4e-MPuQ-KbP5f3">Indigo</a>. CBC/Radio-Canada, aussi notre partenaire national, invite les passionnés de lecture à participer à un jeu-questionnaire à la radio et en ligne, afin de remporter des livres des GG ou un lecteur de livres électroniques Sony. Pour plus de renseignements, consultez les sites <a href="http://trk.cp20.com/Tracking/t.c?Nz4e-MPuR-KbP5f4">Zone d&#8217;écriture</a> et <a href="http://trk.cp20.com/Tracking/t.c?Nz4e-MPuS-KbP5f5">CBC Books</a>.</p>
<p>Pour lire le texte intégral du communiqué, y compris les noms des finalistes et les titres de leurs ?uvres, cliquez <a href="http://trk.cp20.com/Tracking/t.c?Nz4e-MPuT-KbP5f6" target="_blank">ici</a> ou copiez l&#8217;adresse suivante et collez-la dans la barre d&#8217;adresse de votre navigateur web :<br />
<a href="http://trk.cp20.com/Tracking/t.c?Nz4e-MPuU-KbP5f7">http://www.conseildesarts.ca/nouvelles/communiques/2011/bv129624096630803016.htm</a><br />
-30-</p>
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</td>
</tr>
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</blockquote>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Droits d’auteur: Ottawa revient à la charge</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Sep 2011 17:00:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alex</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Le gouvernement Harper a enfin les coudées franches pour imposer tous les projets qui lui tiennent à coeur : les armes à feu, l&#8217;avortement, le droit d&#8217;auteur, dont le libellé avait été mis sur les tablettes à deux reprises dans le passé. Pour les artistes en général et les écrivains en particulier, ce projet est un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://lettresquebecoises.qc.ca/wp-content/uploads/2011/09/Copyright1.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-585" title="Copyright" src="http://lettresquebecoises.qc.ca/wp-content/uploads/2011/09/Copyright1.jpg" alt="" width="200" height="204" /></a>Le gouvernement Harper a enfin les coudées franches pour imposer tous les projets qui lui tiennent à coeur : les armes à feu, l&#8217;avortement, le droit d&#8217;auteur, dont le libellé avait été mis sur les tablettes à deux reprises dans le passé. Pour les artistes en général et les écrivains en particulier, ce projet est un coup de poignard dans le dos. Par exemple, les usagers auront le droit de reproduire des textes d&#8217;auteur entre autres pour des raisons pédagogiques à moins que l&#8217;auteur y mette un verrou. La question est de savoir comment on peut éviter d&#8217;être pillé quand les usagers prétendront qu&#8217;ils ignoraient qu&#8217;il y avait interdiction de reproduire le document en question.</p>
<h1>Droits d&#8217;auteur:<br />
Ottawa revient à la charge</h1>
<p><cite>La Presse canadienne via Le Devoir</cite></p>
<p>Ottawa &#8212; Le gouvernement fédéral prétend entrer enfin dans le XXIe siècle, les artistes dénoncent un énorme pas en arrière: les conservateurs sont revenus à la charge avec le projet de loi sur les droits d&#8217;auteur qui avait soulevé un tollé l&#8217;an dernier.La copie conforme de ce qui avait fait rager les artistes a été déposée hier aux Communes, dans un effort de moderniser des lois jugées obsolètes par le gouvernement.</p>
<p>Le projet de loi tient compte des récents progrès technologiques, en cette ère du iPad et du lecteur de DVD portatif, et vise notamment à freiner le piratage, qui fait mal à bien des créateurs.</p>
<p>Il n&#8217;inclut pas cependant la possibilité pour les musiciens de toucher des redevances sur la vente de lecteurs de musique portatifs, une demande des artistes, qui ont vu leurs revenus diminuer avec la perte de vitesse du disque compact.</p>
<p>«On n&#8217;est pas en faveur d&#8217;imposer de nouveaux coûts et impôts aux consommateurs», a lancé hier le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, en conférence de presse dans un cinéma à Ottawa.</p>
<p>«On ne reviendra pas sur le fait [de refuser] d&#8217;avoir une taxe sur le iPod, comme il est demandé», a renchéri son collègue de l&#8217;Industrie, Christian Paradis.</p>
<p>En novembre, une centaine d&#8217;artistes québécois avaient manifesté aux portes du parlement contre le projet de loi, finalement mort au feuilleton avec le déclenchement de la campagne électorale du printemps.</p>
<p>Les artistes reprochaient par ailleurs à ce projet de loi de geler le régime des copies privées (compensation payée sur la reproduction d&#8217;une Ïuvre). Ils réclamaient également des redevances des fournisseurs de service Internet pour compenser les pertes qu&#8217;ils subissent lorsque leurs Ïuvres musicales sont téléchargées illégalement.</p>
<p>Aucune de leurs doléances n&#8217;a été prise en compte dans la nouvelle version du projet de loi. «Effectivement, on ne peut pas plaire à tout le monde. Mais tout le monde a été entendu [par le passé] et on croit avoir la bonne approche, c&#8217;est l&#8217;approche équilibrée», a assuré le ministre Paradis.</p>
<p>Démagogie</p>
<p>Pour la chanteuse Marie-Denise Pelletier, le gouvernement fédéral fait usage de «démagogie pure et simple» avec son projet de loi, en refusant de mettre à jour un système de redevances comme il en existait pour les cassettes et les CD vierges.</p>
<p>«On reconnaît que la musique vaut quelque chose quand on la copie sur un CD, mais elle ne vaut plus rien si on la copie sur un enregistreur audionumérique», a-t-elle dénoncé en entrevue.</p>
<p>Elle concède que, puisque les conservateurs sont désormais majoritaires aux Communes, il sera bien plus difficile de faire entendre la voix des artistes à Ottawa cette année. «Ça ne veut pas dire qu&#8217;on a dit notre dernier mot», prévient-elle.</p>
<p>Un autre point litigieux de ce projet de loi réside dans le «verrou numérique». Avec cette disposition, il sera par exemple illégal pour un consommateur de contourner le verrou installé sur le DVD qu&#8217;il a lui-même acheté afin de simplement le copier sur son ordinateur personnel. Cela pourrait devenir particulièrement problématique pour les verrous installés sur du matériel utilisé à des fins pédagogiques.</p>
<p>Pour venir en aide aux artistes, principalement à ceux de l&#8217;industrie de la musique qui tirent le diable par la queue, le ministre Moore n&#8217;a pas fermé la porte à un plan d&#8217;aide.</p>
<p>«On peut avoir [des discussions] dans les semaines et les mois qui s&#8217;en viennent sur la meilleure manière d&#8217;aider nos artistes à avoir des avancées économiques pour eux-mêmes», a noté M. Moore.</p>
<p>Mais la chanteuse Marie-Denise Pelletier est d&#8217;avis que les artistes ne veulent pas la charité. «On ne veut pas de fonds d&#8217;entraide, on passe encore pour des quêteux! Nous, on veut notre salaire, et ces droits d&#8217;auteur, c&#8217;est notre salaire», a-t-elle martelé.</p>
<p>Le gouvernement espère faire adopter le projet de loi d&#8217;ici Noël. Comme les découvertes technologiques sont exponentielles, il prévoit une révision des dispositions de la loi tous les cinq ans.</p>
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		<title>Lettre ouverte de Victor-Lévy Beaulieu</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Sep 2011 13:18:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alex</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J’AIME MOINS LA TÉLÉVISION QU’AVANT J’aime moins la télévision  qu’avant.  Je trouve qu’elle ressemble à ce qui est survenu à la Ligue nationale de hockey quand celle-ci s’est lancé dans une expansion déraisonnée, avec le résultat qu’on connaît : un sport qui n’en est plus un parce qu’animé par un trop grand nombre de joueurs sans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://lettresquebecoises.qc.ca/wp-content/uploads/2011/09/VLB_B1.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-578" title="VLB_B" src="http://lettresquebecoises.qc.ca/wp-content/uploads/2011/09/VLB_B1.jpg" alt="" width="350" height="233" /></a>J’AIME MOINS LA TÉLÉVISION QU’AVANT</p>
<p>J’aime moins la télévision  qu’avant.  Je trouve qu’elle ressemble à ce qui est survenu à la Ligue nationale de hockey quand celle-ci s’est lancé dans une expansion déraisonnée, avec le résultat qu’on connaît : un sport qui n’en est plus un parce qu’animé par un trop grand nombre de joueurs sans véritable talent qui se servent de leur bâton de hockey comme d’une arme et de leurs corps comme d’un char d’assaut. Une violence toute américaine dont l’accomplissement parfait est celui de tous ces sports dits extrêmes où l’on voit des hommes et des femmes encagés, se frappant de coups de poing et de coups de pied, au grand plaisir d’une foule devenant hystérique  quand le sang jaillit.</p>
<p>J’aime moins la télévision qu’avant. Depuis la multiplication des chaînes et sa concentration entre les mains de quelques propriétaires, on ne peut plus parler vraiment de qualité : le petit écran est devenu un gigantesque fourre-tout dont la médiocrité saute aux yeux dès qu’on a le courage de passer une journée devant son téléviseur. C’est que la télévision ne pense plus guère, elle se contente de plus en plus de réfléchir comme un miroir ce qu’elle croit que la société est devenue : un ramassis de faits divers que rien ne relie entre eux, sinon la bonne conscience  de ses animateurs qui croient qu’en agissant ainsi, ils vous apportent la démocratisation de la télévision. Tout le monde y a désormais droit de parole, et davantage ceux qui sont tordus que les gens de santé, davantage ceux qui sont malades, paumés, imbéciles, détraqués ou devenus légumes que les citoyennes et les citoyens débordant d’un trop-plein de vie.</p>
<p>J’aime moins la télévision qu’avant. Je trouve qu’elle est devenue bien tonitruante : même ceux qui animent les bulletins de nouvelles ne cessent pas de me crier par la tête. Et que dire de tous ces animateurs de foules qui croient qu’un quizz et qu’un show dit de variétés ne peuvent pas exister sans qu’on ait toujours les baguettes en l’air et la voix à l’avenant!</p>
<p>J’aime moins la télévision qu’avant. Et moins aussi les chroniqueurs qui ont pour métier de me parler d’elle. Ils n’en ont plus que pour le vedettariat : un pet d’André Angelil, la désintoxication d’Éric Lapointe, le divorce des uns et le rabibochage des autres, Danny Turcotte qui joue le fif auprès d’André Boisclair et Guy A. Lepage qui fait une montée de lait, c’est maintenant ce qu’on appelle de la nouvelle et le bon peuple doit en savoir le long et le large. C’est que le monde des vedettes et celui des chroniqueurs forment une société fermée, qui ne s’adresse plus vraiment au monde, mais à elle seule.</p>
<p>J’aime moins la télévision qu’avant. Parce que les émissions dites sérieuses sont devenues les laissés-pour-compte du petit écran. On n’en parle pour ainsi dire jamais. Par exemple, <em>La semaine verte </em>célèbre cette année la quarantième année de son existence et ses concepteurs ont produit quatre merveilleuses émissions qui nous montrent, non seulement son évolution, mais celui de toute la société québécoise. Aucun de nos chroniqueurs n’en a dit un mot.  Il en va de même pour <em>Découverte</em>, <em>Planète science</em>, <em>Super science</em> et la plupart des grands reportages que diffuse la chaîne RDI. Qui sait ce que sont <em>Les agents du changement</em>,  une formidable série sur l’écologie, le développement durable et cette transvaluation de toutes les valeurs qui fut si chère à Friedrich Nietzsche?</p>
<p>J’aime moins la télévision qu’avant. Ses archives sont pleines de trésors, qu’on aurait grand intérêt et grand plaisir à revoir. Mais ça demanderait du travail, donc de l’argent à investir, et nos grands diffuseurs ne veulent ni de l’un ni de l’autre. Pour la centième fois, on a droit à <em>Scoubidou</em>, à <em> Ma sorcière bien-aimée</em>,  à <em>C.S.I. Miami, </em>à <em>La petite maison dans la prairie</em>, à <em>Beverly Hills</em> ou à <em>FBI, flic ou escroc</em>. On peut désormais passer toute sa journée devant son téléviseur  à ne voir que ce qu’il y a eu de moins bon à la télévision américaine des années 1960 à 1980.</p>
<p>J’aime moins la télévision qu’avant. On y parle de moins en moins bien notre langue, on l’écrit comme si elle ne nous appartenait déjà plus. Sur ces fils de presse qui défilent au bas de nos petits écrans durant les bulletins de nouvelles, on y fait une faute à tous les cinq mots et personne ne semble s’en préoccuper étant donné que ça ne cesse pas de passer et de repasser inlassablement.</p>
<p>J’aime moins la télévision qu’avant. Depuis qu’elle n’est plus nationaliste, mon être identitaire s’y perd. Dans certains bulletins de nouvelles de la télévision de Radio-Canada,  pas moins du tiers qui s’y dit l’est souvent en anglais, puisqu’on n’y traduit plus rien. On peut bien élire dans le comté francophone de Berthier-Maskinongé une unilingue anglophone et l’y accueillir à bras ouverts : n’est-elle pas le nouveau rêve qui nous habite depuis que nous ne sommes plus nationalistes parce que nous avons mis au vestiaire notre être identitaire?</p>
<p>J’aime moins la télévision qu’avant. Tandis que le rêve américain s’effondre, nous importons des États-Unis de plus en plus d’émissions et de films dont on ne prend même plus la peine de traduire les génériques ni les titres (par exemple, <em>The Price is Right</em>). Avez-vous regardé une seule fois <em>Qui perd gagne</em>, cette émission sur des obèses étatsuniens qui sont récompensées quand ils maigrissent et punis quand ils ne maigrissent pas? Au-delà de toute indignité c’est!</p>
<p>J’aime moins la télévision qu’avant. Les publicités, notamment sur la bière, me rendent honteux. Non seulement on y représente toujours la femme comme un objet à consommer au même titre que le houblon, mais la firme Sleeman, sous le prétexte de nous raconter les commencements de la brasserie, nous amène dans le Chicago d’Al Capone, mitraillettes et tueries à la clé. Ce n’était pas bien, nous dit le commentateur de la chose, mais quelle bonne bière cela nous a donné! Mais il y a pire. De plus en plus, notre société se sert des enfants pour mieux vendre ses produits. Je pense notamment à cette publicité qui nous montre un tout jeune garçon qui nous vante la voiture qu’il vient d’acheter et qu’il considère comme sa maison, y jouant, toutes portières accessibles, sans qu’on exerce la moindre surveillance auprès de lui.</p>
<p>J’aime moins la télévision qu’avant. On y privilégie les films américains et les films québécois qui leur ressemblent. Sauf exceptions  (celle d’André Forcier notamment), je ne trouve maintenant qu’une différence entre le cinéma américain et le nôtre : alors que le drapeau américain flotte partout et souvent dans tout film hollywoodien, on ne voit jamais le fleurdelisé dans notre cinéma. Rien d’autre qu’un hasard?</p>
<p>J’aime moins la télévision qu’avant. Parce qu’elle ne nous <em>invente </em>plus, elle nous <em>évente.</em> Parce qu’elle ne nous <em>invente </em>plus, elle nous <em>éventre</em>. De quoi comprendre que mon nationalisme et mon être identitaire en saignent comme cochon qu’on égorge.</p>
<p>Victor-Lévy Beaulieu</p>
<p>Grand prix de l’Académie de la télévision et du cinéma 2011</p>
<p>1 (418) 851-8888</p>
<p><a href="mailto:vlb2000@bellnet.ca">vlb2000@bellnet.ca</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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